Des chercheurs de l’Université de Colombie-Britannique ont récemment dévoilé une toilette sans eau modulaire, baptisée MycoToilet. Celle-ci fonctionne selon un principe simple : utiliser du mycélium (le réseau de filaments des champignons) pour transformer les déchets humains en compost riche en nutriments. Les toilettes à compost sont souvent perçues négativement par la plupart des gens. Alors, les chercheurs se sont fixés pour objectif de créer un système propre, confortable et facile à utiliser, mais également d’offrir une alternative sûre et écologique aux utilisateurs.
Le mycélium pour transformer les déchets humains en compost
Les chercheurs expliquent qu’un système situé à l’arrière sépare les déchets liquides des solides, puis ces derniers sont dirigés vers un compartiment tapissé de mycélium. Par la suite, les champignons absorbent les odeurs et décomposent la matière organique grâce à des communautés microbiennes, transformant les déchets en compost. « Les champignons sont excellents pour décomposer la biomasse, y compris les déchets humains et animaux […] Ils produisent des enzymes qui transforment la matière en composés plus simples et favorisent le développement de communautés microbiennes qui accélèrent la décomposition. Aucun ajout d’eau, d’électricité ou de produits chimiques n’est nécessaire », indique le Dr Steven Hallam, professeur au département de microbiologie et d’immunologie. Il ajoute que des tests en laboratoire ont montré que le mycélium élimine plus de 90 % des composés responsables des odeurs.
Un design moderne, durable et prêt à l’emploi
Les chercheurs ont opté pour un design moderne, durable et pratique : structure en cèdre, ventilateur à faible consommation d’énergie, finitions intérieures en bois et en acier inoxydable, toit végétal, etc. Selon eux, la structure en cèdre ventilée permet de masquer l’aspect et l’odeur généralement associés aux toilettes à compost. Elle est naturellement résistante à la pourriture et traitée thermiquement pour ses propriétés antimicrobiennes. Les chercheurs affirment que la MycoToilet a été conçue pour être accessible aux personnes en fauteuil roulant et pour s’intégrer parfaitement dans un parc, mais aussi pour être utilisée dans les zones sans réseau d’assainissement. Ce système n’aurait besoin que de quatre interventions de maintenance par an. « Du point de vue opérationnel, le système est optimisé […] Nous avons éliminé les incertitudes qui pouvaient dissuader les municipalités d’adopter ce type de toilettes : le calendrier de maintenance est établi, la ventilation est intégrée, tout fonctionne parfaitement », précise le professeur Dahmen, responsable du projet.
Un test pilote mené auprès d’utilisateurs réels
Les chercheurs ont récemment mis en place un test pilote de six semaines auprès d’utilisateurs réels, afin d’évaluer la transformation du mycélium et l’efficacité de la MycoToilet. Par ailleurs, ils prévoient de poursuivre leurs études sur l’interaction entre les communautés microbiennes et le mycélium, afin d’optimiser le processus. Joseph Dahmen explique que si le projet réussit, ce système de toilettes innovant pourrait constituer une solution économique et autonome pour la gestion des déchets dans les parcs.
Mais aussi dans les municipalités, les communautés isolées et les régions en développement. Il indique qu’une fois pleinement opérationnel, le système MycoToilet devrait produire environ 600 litres de terre et 2 000 litres d’engrais liquide par an. Un concept efficace pour transformer les déchets en ressources et réduire la dépendance aux engrais chimiques. Plus d’informations sur news.ubc.ca. Ce type de WC à champignon pourrait-il vous intéresser ?Je vous invite à nous donner votre avis, vos remarques ou nous remonter une erreur dans le texte, cliquez ici pour publier un commentaire .