Les vans aménagés séduisent de plus en plus de voyageurs : une estimation récente indique qu’en 2023, les ventes de vans et fourgons aménagés neufs (≈ 13 994) ont même dépassé celles des camping-cars traditionnels, un tournant symbolique dans le monde nomade. Dans cet engouement général, une question revient sans cesse : faut-il obligatoirement homologuer son fourgon en VASP lorsqu’on l’aménage ? La réglementation française, rappelée par Service Public dans son guide sur les transformations de véhicules, affirme que toute modification importante doit être déclarée et peut nécessiter une nouvelle carte grise. Certains rappellent que l’homologation VASP devient obligatoire dès lors que le fourgon comporte des installations fixes assimilables à un camping-car. Évidemment, lorsqu’on se lance dans ce genre de projets, on aimerait souvent rester dans la légalité, tout en s’épargnant les démarches longues et stressantes de la DREAL. Alors ? Peut-on ou non échapper à l’homologation d’un van aménagé ? Réponses dans cet article.
Quand l’homologation VASP devient-elle obligatoire ?
Avant d’acheter un fourgon, je conseille d’ailleurs souvent de jeter un œil à cet article très complet : tout savoir avant d’acheter un van aménagé. Ainsi, pour rester dans la légalité et conserver une carte grise CTTE (camionnette), il est essentiel de comprendre ce qui déclenche réellement l’obligation VASP. Contrairement à ce que l’on peut parfois lire sur les réseaux, l’administration ne se base pas sur l’apparence générale du fourgon, mais sur des critères très précis définis dans la directive européenne 2007/46/CE. Un véhicule est considéré comme un camping-car dès lors qu’il comporte simultanément cinq éléments fixes :
- Des sièges avec une table
- Des couchettes obtenues en convertissant les sièges
- Un coin cuisine
- Des espaces de rangement
- Un ensemble inamovible
Autrement dit, si votre fourgon coche ces cinq cases à la fois, et que tout est fixé à demeure, vous entrez automatiquement dans la catégorie « véhicule habitable » : l’homologation VASP devient alors incontournable. À l’inverse, si votre aménagement reste sommaire, démontable, ou incomplet d’un point de vue réglementaire, vous pouvez parfaitement rester dans les règles sans engager une procédure de réception individuelle.
Les aménagements autorisés pour rester en CTTE (camionnette)
De nombreuses personnes pensent qu’aménager un van sans passer par l’homologation est illégal. C’est faux. Ce qui serait illégal, ce serait de dépasser les limites fixées par la réglementation. La bonne nouvelle, c’est que ces limites sont plus souples qu’on ne l’imagine. En règle générale, vous pouvez aménager votre fourgon de manière confortable mais non habitable au sens juridique. Cela inclut :
- L’isolation (murs, sol, plafond)
- L’habillage intérieur
- L’ajout d’un lit ou d’une structure de couchage (sans conversion siège vers lit)
- Un parc électrique complet : batterie secondaire, panneau solaire, USB, etc.
- Des meubles démontables ou non structurels
- Un plan de travail sans installation fixe de cuisson
- L’ajout de lanterneaux, baies vitrées, aérations
L’essentiel est de rester cohérent : un fourgon CTTE doit rester, d’un point de vue administratif, un utilitaire aménagé et non un hébergement sur roues. La sélection du véhicule de base peut également simplifier les choses. Pour vous donner des idées, ce classement NeozOne recense plusieurs modèles très adaptés : 12 meilleurs fourgons à aménager.
Le saviez-vous ?
Lors d’un contrôle technique, les centres ne peuvent pas imposer l’homologation VASP si votre aménagement ne rassemble pas les cinq critères du camping-car.
Les éléments à éviter absolument pour rester dans la légalité
Pour ne pas basculer malgré vous dans la catégorie camping-car, il est essentiel d’éviter trois installations considérées comme « structurantes », car elles transforment le véhicule en espace de vie fixe. La première, c’est le coin cuisine fixe, la condition la plus facile à identifier. Un fourgon peut avoir un plan de travail, une glacière ou une solution mobile, mais pas de point de cuisson fixé à demeure. La deuxième, c’est l’installation d’un système de gaz, même dans un coffre ventilé. Sans VASP, la plupart des assurances refusent de couvrir ce type de montage. Il en va de même pour les chauffages diesel ou gazole fixés au véhicule. La troisième concerne la fameuse cloison de séparation. Sur les fourgons postérieurs à 2012, il est fortement conseillé de la conserver si vous souhaitez rester en CTTE, car elle protège le conducteur contre les charges transportées. Dans les faits, ce point reste flou, mais il revient régulièrement dans les échanges entre aménageurs, assureurs ou DREAL.
Les conditions essentielles pour éviter l’homologation VASP
Juste avant de détailler les points clés, il est utile de rappeler que la frontière entre un fourgon simplement aménagé et un camping-car homologué est parfois plus mince qu’on ne l’imagine. Beaucoup de propriétaires basculent involontairement du mauvais côté sans même s’en rendre compte, tout simplement parce qu’ils ajoutent un élément fixe de trop. Voici donc les repères indispensables pour rester dans la légalité sans entrer en VASP.
- Ne jamais réunir les cinq critères d’un camping-car
- Éviter toute installation fixe liée à la cuisson
- Ne pas installer de gaz fixe
- Prévoir des meubles démontables
- Garder ou justifier la cloison selon l’année du véhicule
- Préserver la cohérence : utilitaire aménagé oui, logement non
- Conserver la mention CTTE sur la carte grise tant que l’aménagement reste sommaire
Ces règles n’ont rien de compliqué une fois que l’on comprend la logique générale : tant que votre fourgon reste perçu comme un utilitaire polyvalent, vous restez dans le cadre légal sans devoir passer par la DREAL. En respectant ces principes, vous conservez une grande liberté d’aménagement tout en évitant les contraintes administratives les plus lourdes.
Un dernier mot pour conclure
Il est donc tout à fait possible de voyager légalement dans un van aménagé sans passer par l’homologation VASP, à condition de rester très attentif aux critères qui transforment un utilitaire en camping-car. L’équilibre est parfois subtil, mais parfaitement atteignable lorsque l’on sait où se situent les limites. En respectant ces règles, chacun peut profiter d’un aménagement confortable et sécurisé, tout en évitant les démarches longues et coûteuses. Et vous, pensez-vous que votre projet d’aménagement reste encore dans la zone CTTE ou risque-t-il de basculer vers le très officiel statut de camping-car ? Une précision, un retour terrain ou une remarque constructive ? Cliquez ici pour publier un commentaire . Votre expertise nous est précieuse. Une erreur s’est glissée ? Vous pouvez également nous en faire part !