Animaux

Pour cet éthologue, trop “aimer” son animal de compagnie peut être assimilé à de la maltraitance !

Selon trois spécialistes, humaniser à outrance nos animaux de compagnie serait contre nature et les rendrait malheureux, et nous devrions arrêter de les considérer comme des enfants.

Vos chiens sont les rois de la maison et vous débordez d’amour pour eux ? Vous pensez que ce sont les chiens les plus heureux du monde puisque vous les traitez avec un amour infini ? Et si vous faisiez fausse route ? Nous avons tendance à personnifier nos animaux de compagnie et finalement, certains comportements bienveillants pourraient en fait être néfastes pour eux.

Dans une interview accordée à France Inter, trois spécialistes, Michel Kreutzer, éthologue, Yolaine De La Bigne journaliste fondatrice de l’Université d’été de l’animal et de la Journée mondiale des intelligences animales ainsi que Georges Chapouthier, neurobiologiste, membre de la Fondation Droit Animal Éthique et Sciences, tentent d’expliquer l’impact de notre comportement sur nos chiens.

Nos animaux, nos semblables ?

Michel Kreutzer explique que nos chiens (chats ou poissons rouges) sont comme des membres de notre famille. En les considérant comme tels, nous les humanisons, et cela se manifeste souvent par un trop plein d’affection. Selon le site FACCO (Fédération des Fabricants d’Aliments pour Chiens, Chats, Oiseaux et autres animaux familiers), un foyer français sur deux compte un animal de compagnie, ce qui correspond à environ 77 millions de compagnons, toutes espèces confondues.

Yolaine De La Bigne, explique que certains maîtres de chats sont tellement attachés à eux que ces derniers ne mettent jamais une patte à l’extérieur; ils sont chouchoutés à longueur de journée, et criblées de jouets en tous genres. Quand on aime, on ne compte pas.  Il arrive même que les maîtres consultent des psychologues pour chats et traitent une anxiété par des médicaments. Les chats ou les chiens auraient d’ailleurs tendance à développer cette anxiété en cas d’absence du maître.

Concernant l’humanisation des chiens, cela se traduirait la plupart du temps par des chiens obèses et anxieux, ce qui n’existait pas lorsque les chiens étaient considérés comme des chiens, et non pas comme des membres de la famille. Ce serait donc notre comportement vis-à-vis d’eux qui entraînerait ces conséquences sur leur santé.

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Nos animaux, éponges de nos sentiments ?

Selon Georges Chapouthier, nous nous comportons avec nos chiens comme nous nous comportons avec nous-mêmes, et nous pouvons répercuter nos soucis quotidiens sur notre animal. Ainsi, les personnes ayant une tendance au surpoids, et à se nourrir plus ou mal quand ils ne vont pas bien reproduiraient ce comportement sur leur chien. Un maître totalement sédentaire aura tendance également à sédentariser son chien et à automatiquement le priver d’activités physiques, pourtant vitales pour ces animaux.

Trop l’aimer peut être assimilé à de la maltraitance

Difficile d’entendre cela lorsque l’on considère son chien comme son enfant… Nous pensons que nous le rendons heureux, et nos intentions sont des plus bienveillantes; nous allons pourtant contre leur nature.

Dans le cas des chevaux par exemple, les propriétaires passent souvent beaucoup de temps à les « garder propres ». Brossage, tresses, poil brillant etc. Les spécialistes eux, estiment que le cheval a, lui, juste envie d’être sale, de se rouler dans la boue et de « se nettoyer » lui-même, comme il le ferait à l’état sauvage finalement.

Pour conclure, les spécialistes expliquent que les animaux domestiques sont tous au départ des animaux sauvages, et que les humaniser à outrance peut les perturber, voire les faire souffrir. Concrètement, il faudrait aimer nos animaux sans pour autant leur donner une place d’humain, même si cela peut sembler difficile de ne pas les considérer comme des membres de notre famille à part entière. Cela veut dire un panier à la place du canapé ou du lit, pas (ou très peu) de bain et autres soins, veiller à respecter le rythme naturel de votre animal, en particulier chez les chiens, qui selon les races, n’ont pas tous les mêmes besoins en terme d’activité physique par exemple. Parfois, savoir aimer, c’est en montrer un peu moins !

Source
FranceInter.fr

Nathalie Kleczinski

Mes sujets de prédilection sont l'écologie, l'environnement, les innovations solidaires et les actualités en général. J'espère que vous prendrez plaisir à me lire. Ma devise : "Carpe Diem" parce que la vie est trop courte et qu'il faut en savourer chaque instant.

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