Environnement

CLO2 : Et si on plantait des arbres pour réduire l’empreinte carbone des infrastructures Web ?

CLO2 est un projet de captation carbone dédié aux acteurs du numérique et du web pour réduire le bilan carbone de leur infrastructure informatique et ainsi lutter contre le réchauffement climatique. La captation carbone est assurée par des jeunes arbres qui sont plantés dans un projet de reboisement de nos forêts françaises.

Quand on parle d’émission de carbone ou encore de gaz à effet de serre, beaucoup d’entre nous n’ont en tête que les industries laissant échapper de grosses fumées noires, les véhicules polluants ou encore les combustibles fossiles. Mais saviez-vous que même juste en surfant, vous polluez la planète ?

La technologie pollue ?

Eh oui, une infrastructure Web pollue bel et bien l’atmosphère, ce qui peut vous sembler bizarre, puisqu’aucune fumée noire ne sort de votre smartphone ou de votre PC quand vous vous connectez à Internet. Et pourtant, Internet rejette une quantité conséquente de CO2 dans l’atmosphère.

Selon le site Fournisseur-Energie, « si Internet était un pays, il serait le 3ème plus gros consommateur d’électricité au monde avec 1500 TWH par an derrière la Chine et les Etats-Unis. Au total, le numérique consomme 10 à 15% de l’électricité mondiale soit l’équivalent de 100 réacteurs nucléaires. Et cette consommation double tous les 4 ans ! ». Le site explique également qu’ « en matière d’émissions de CO2, Internet pollue 1,5 fois plus que le transport aérien. La moitié des gaz à effet de serre produits par Internet provient de l’utilisateur, l’autre moitié étant divisée entre le réseau et les data centers. » Ainsi, plus on utilise Internet et plus on pollue l’atmosphère. Or, le fait est que l’on devient de plus en plus dépendant d’Internet dans notre vie quotidienne, professionnelle et même personnelle.

Mais comment déterminer l’empreinte carbone d’une infrastructure Web ?

C’est justement la question à laquelle répond CLO2, une initiative lancée par l’entreprise Cognix Systems, une société informatique spécialisée dans l’infogérance, et OVHcloud, une entreprise française qui propose des services d’hébergement de serveur et de cloud computing.

L’idée est simple : Dans un premier temps, identifier l’empreinte carbone d’une infrastructure Web – ou sa Balance Carbone – grâce à un programme spécial d’évaluation du bilan carbone des produits et services de l’infrastructure et, dans un second temps, compenser cette émission de CO2 en plantant le nombre d’arbres nécessaires à sa captation.

Les clients d’OVHcloud bénéficient déjà de cette identification de leur empreinte carbone ce qui fait qu’ils savent d’ores et déjà comment maîtriser et infléchir leur bilan carbone en faveur de l’environnement. Dans le cas du site Neozone par exemple, notre Balance Carbone ressemble à ceci.

Par ailleurs, l’initiative CLO2 s’occupe également des questions de reboisement et de préservation des forêts. Plus de 1.100 arbres de différentes espèces, incluant des Châtaigniers, Pin Taeda, Mélèze, Pin Maritime ou encore Douglas, sont d’ailleurs plantés chaque année dans des départements français avec la collaboration de spécialistes en reboisement et en protection des forêts. Chacun de ces arbres sont identifiables et géolocalisables pour assurer une parfaite traçabilité.

Qu’attendons-nous donc pour commencer dès à présent à dépolluer notre infrastructure et notre planète avec CLO2? N’est-ce pas faire d’une pierre deux coups ? Nous vous invitons à découvrir cet étonnant projet dans l’interview qui suit.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Davy CREMER, je suis entrepreneur du numérique depuis le début des années 2000 et je gère aujourd’hui la société Cognix Systems, une PME d’une quarantaine de personnes, dont l’un des métiers est d’assurer l’infogérance et le suivi 24/24 d’infrastructures hébergées chez OVHcloud. Nous travaillons pour des agences web, des éditeurs d’application Web ou d’application Mobile, des e-commerçants et plus largement pour tous ceux qui ont besoin d’héberger des solutions Web. J’aime qualifier notre société d’engagée, et pas seulement car nous avons un compost pour valoriser nos déchets verts. Nous essayons tout simplement de faire le mieux possible notre travail, et cela passe aussi par la dimension environnementale. Comme la majorité des acteurs du numérique, nous savons que notre industrie a un impact négatif sur l’environnement mais cet impact reste difficile à quantifier et encore plus difficile à neutraliser. C’est de ce double constat qu’est né CLO2.

Parlez-nous de votre projet

CLO2 est un projet de captation des émissions carbone des serveurs pour les acteurs du numérique lancé par Cognix Systems en partenariat avec OVHcloud. CLO2 est né de la volonté d’apporter une solution à l’un des défis de notre siècle: celui de la lutte contre le réchauffement climatique dont les effets annoncés sont catastrophiques. Alors même que l’industrie du numérique porte l’espoir de nombreuses opportunités d’optimisation dans divers domaines pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES), il n’en reste pas moins que notre industrie est elle-même émettrice de GES (dès la fabrication des composants électroniques jusqu’à leur recyclage en passant par l’hébergement, l’alimentation et la maintenance des serveurs informatiques…). Avec CLO2, nous voulons répondre à une double problématique en évaluant et en réduisant les émissions carbone des services Web. Pour cela, nous nous appuyons à la fois sur le formidable travail des équipes d’OVHcloud qui évaluent les émissions carbone de leurs différents services (Serveurs dédiés, VPS, Public Cloud, etc.) et sur des professionnels forestiers engagés dans une gestion durable des forêts françaises : reboisement et respect de la biodiversité. CLO2 se veut un projet engagé au service des tous les acteurs du numérique qui souhaitent des services numériques plus verts et plus respectueux de l’environnement. Rien de plus simple: il suffit d’aller sur clo2.green pour simuler ses émissions de CO2 et s’engager pour la planète ! Concrètement, un serveur OVHcloud va émettre 520kg de CO2 par an en moyenne sur sa durée de vie, quand un arbre capte en moyenne 10 à 50kg de CO2 par an en fonction de son essence, son âge ou encore de l’ensoleillement du lieu où il a été planté, etc. On estime qu’il faut en moyenne 18 arbres pour compenser les émissions d’un serveur. Pendant la période de lancement, les arbres sont proposés au tarif de 1€HT/mois/arbres (au lieu de 1,50€HT/mois) soit environ 18€HT/mois pour compenser les émissions d’un serveur. CLO2 fournit un lien par projet compensé permettant de visualiser sa balance carbone et géolocaliser la liste des arbres sur une carte.

Comment vous est venue cette idée ?

L’idée qu’une forêt se cache derrière chaque datacentre a jailli il y a quelques années, mais il nous semblait alors difficile de la mettre en oeuvre n’étant pas des professionnels de la forêt. Comme souvent, c’est une histoire de rencontre et de chance qui nous a permis de lever cette difficulté.

Quel message voulez-vous transmettre à travers votre action ?

Nous voulons passer le message qu’il est possible d’agir pour la préservation de notre planète. Et cela est d’autant plus important qu’il y a maintenant urgence, depuis des décennies, nous avons été alertés sur une catastrophe annoncée et malheureusement l’échéance se rapproche. Lancé il y a quelques semaines, plus de 1100 arbres ont déjà été plantés dans 5 forêts du Finistère, d’Ille et Vilaine et de Corrèze, ce qui représente plus de 33 tonnes de CO2 captées. Avec ce projet, nous voulons faire les choses bien ! C’est pourquoi CLO2 s’engage à planter de nouveaux arbres aux essences variées (Châtaigniers, Chênes, Pins maritimes, Thuya, Douglas, etc.) en France et dans un stricte respect de leur biodiversité. S’il y a beaucoup de projets de plantation d’arbres dans les pays à bas coût (Afrique centrale, Indonésie, etc.), il nous paraissait logique de construire un projet de captation du CO2 en France, au plus proche des sources de nos émissions. De plus, le reboisement dans nos zones tempérées limite également localement les effets du réchauffement.

Un mot de la fin pour conclure ?

Nous avons bâti un système qui a longtemps considéré que la nature n’avait intrinsèquement pas de valeur économique, et malheureusement, nous arrivons à la limite de ce système. Il est devenu notre responsabilité de réfléchir et de nous engager dans la mise en place d’un système durable, c’est-à-dire en limitant et en neutralisant notre impact à chaque niveau de ce système. Avec des initiatives comme CLO2, les acteurs du numérique ont aujourd’hui les moyens d’agir concrètement pour préserver notre planète et de limiter l’impact du réchauffement climatique.

Photo d’illustration gauche – droite / Shutterstock

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Arielle Lovasoa

Je me retrouve dans les mots de Françoise Giroud dans Lou: Histoire d'une femme libre: "C'est une fille irréductible qui n'en fait et n'en fera jamais qu'à sa tête, non pas par caprice mais par nature". A cela, j'ajouterai le sage conseil de Confucius, mon leitmotiv: "Si tu veux profiter de ta vie, apprends à profiter de ta simple journée"
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