
À l’instar des moteurs alimentés par des batteries, les biocarburants se présentent comme d’excellentes solutions pour réduire les émissions de GES des véhicules. Toutefois, ils sont encore peu connus et peu utilisés. Des estimations publiées sur IFP Énergies nouvelles indiquent que la consommation mondiale de biocarburants a été de 107 Mtep en 2023, soit seulement 4,8 % de la quantité totale de carburants consommée dans le secteur des transports routiers. Pour mettre en lumière le côté écologique de ces alternatives à l’essence et au gasoil, mais aussi pour prouver qu’elles sont viables, Alex Jennison, un étudiant de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), a conçu une moto fonctionnant au biodiesel. Après plusieurs mois de travaux, il projette de se lancer dans un road trip à travers la côte ouest des États-Unis.
Une Harley-Davidson transformée
Dans la réalisation de son projet, Alex Jennison et son équipe ont opté pour une Harley-Davidson Heritage Softail qu’ils ont complètement démontée pour pouvoir installer un moteur de Kubota 3 cylindres fonctionnant au gasoil. D’après l’étudiant, il a fallu 12 mois et de nombreuses nuits blanches pour transformer la moto et la rendre fonctionnelle. Par ailleurs, une collaboration avec l’opérateur de la flotte de véhicules de l’Université de la Colombie-Britannique a été nécessaire lors des travaux, afin de mettre au point un moteur alimenté avec du biodiesel, adapté aux climats froids. Pour information, si Alex Jennison s’est tourné vers une Heritage Softail de 1999, c’est parce que cette moto est le dernier modèle du constructeur de Milwaukee équipé d’un moteur et d’une boîte de vitesse séparés.
Une réduction des émissions de CO2 de 74 %
Grâce, entre autres, à la collaboration avec l’opérateur de la flotte de véhicules de l’UBC, l’étudiant et son équipe ont réussi à développer un moteur permettant de réduire les émissions de dioxyde de carbone de 74 %. Contrairement aux voitures électriques, la moto émet donc encore du CO2 en roulant. Cependant, selon Alex Jennison, l’utilisation du biocarburant permet d’éviter l’extraction de cuivre, responsable de la disparition de forêts tropicales dans le bassin amazonien, ainsi que d’autres matériaux comme le cobalt. Ce dernier est extrait dans des pays comme la République démocratique du Congo, où sept pères de famille meurent chaque semaine dans les mines, d’après l’étudiant.
Un biocarburant à base de déchet
Le biocarburant utilisé par la Harley-Davidson modifiée est à base d’huile végétale usagée provenant, entre autres, de leur campus universitaire. Pour Alex Jennison, ce déchet constitue une excellente alternative au gasoil classique et permet de réduire grandement les émissions de CO2 des camions et d’autres véhicules, tels que ceux d’entretien et les tracteurs. Il a déclaré que les restaurants paient pour que l’huile végétale usagée soit évacuée et pourtant, il serait possible de la récupérer et de la soumettre à un procédé chimique pour la transformer en carburant.
Comme nous l’avons dit précédemment, l’étudiant prévoit de réaliser un road trip dans l’ouest des États-Unis pour prouver que le biocarburant est une solution viable. Durant son voyage, il visitera une quinzaine de concessionnaires, plusieurs communautés et 7 universités. Dans l’optique de financer son projet, il a lancé une campagne pour collecter des dons sur gofundme.com. Je vous invite à partager votre avis, vos remarques ou nous signaler une erreur dans le texte, cliquez ici pour publier un commentaire .