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Solar Orbiter : un revêtement en poudre d’os calcinés pour affronter le Soleil !

La sonde de la NASA et de l’ESA, Solar Orbiter, vient d’accomplir une première révolution autour du Soleil. Ayant été déployée dans le but d’observer notre étoile à une distance relativement faible, elle bénéficie d’un revêtement « noir animal » qui protège ses instruments des températures et radiations extrêmes. Mais de quoi s’agit-il réellement ?

Solar Orbiter, la sonde ayant vu le jour d’une collaboration entre l’Agence spatiale américaine et son homologue européen, a été lancée en février 2020 depuis Cap Canaveral. On sait maintenant grâce à nos confrères de SyFy qu’elle vient de réaliser une première révolution autour du Soleil, c’est-à-dire l’astre qu’elle est censée étudier au plus près. Avec des passages à moins de 50 kilomètres de notre étoile, l’engin d’une valeur de 1,5 milliard de dollars opérera dans un environnement extrême.

Un bouclier thermique unique en son genre

Afin de protéger les instruments de Solar Orbiter de la chaleur torride et des effets du rayonnement solaire, les ingénieurs l’ont doté d’un revêtement noir animal créé à partir d’os d’animaux calcinés. Ce bouclier thermique d’un nouveau genre, baptisé SolarBlack, a été développé par la start-up irlandaise ENBIO.

Il a été mis au point dans le cadre du programme GSTP (General Support Technology Programme) de l’ESA. Selon les explications de Barry Twomey, ancien chef de la division R&D chez ENBIO, l’idée d’utiliser un revêtement à base de charbon obtenu à partir d’os d’animaux brûlés découle du fait que ce matériau a des propriétés relativement intéressantes.

Un revêtement capable de se débarrasser des charges électrostatiques

En effet, le SolarBlack possède une excellente capacité d’absorption de la chaleur et de la lumière. De plus, il est conducteur électrique, ce qui permet d’éliminer les charges électrostatiques en excès et garantir ainsi que la sonde est électriquement neutre.

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Quant à la carbonisation, elle vise à empêcher la poudre d’os de bouillir sur la surface de la sonde. SolarBlack protège environ 1/5e de la surface de Solar Orbiter. À noter que le noir animal n’est pas quelque chose de nouveau dans la mesure où il est utilisé depuis des lustres pour filtrer l’eau ou comme pigment.

Solar Orbiter : un revêtement en poudre d'os calcinés pour affronter le Soleil !
Cette photo montre le modèle thermique structurel de Solar Orbiter peu de temps avant de quitter les installations d’Airbus Defence & Space à Stevenage, au Royaume-Uni. Crédit photo : Par O. Usher (UCL MAPS), CC BY 2.0

SolarWhite, une autre technologie en développement chez ENBIO

Certes, la sonde Solar Orbiter est le premier engin spatial à profiter de la technologie SolarBlack, mais ENBIO entend étendre ses collaborations afin que sa création devienne une référence dans le domaine de l’exploration spatiale. Des pièces traitées avec un revêtement SolarBlack voleront donc probablement sur d’autres missions.

On soulignera aussi le fait que la jeune entreprise irlandaise s’est associée à Airbus pour développer SolarWhite. Il s’agit d’un revêtement blanc éclatant censé équiper les surfaces pour lesquelles la réflexion de la lumière du Soleil est nécessaire.

Marc Odilon

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