Société

Des pays ont-ils vraiment fait marche arrière sur la “légalisation du cannabis” ?

La légalisation du cannabis en France reste un sujet en suspends depuis de nombreuses années. Et visiblement ce n'est pas l'actuel ministre de l'Intérieur qui autorisera le cannabis thérapeutique... Et encore moins récréatif !

Depuis plusieurs mois déjà, la belle ville de Marseille est en proie à de violents règlements de compte sur fond de trafic de drogue… Des jeunes voire des très jeunes, meurent de manière violente pour une guerre de territoire. Ces guerres urbaines ne se jouent pas qu’à Marseille, toutes les villes de France possèdent un quartier ou un parc où l’on deale…

Et dans ces trafics plus que lucratifs pour ceux qui les pratiquent sèment la mort autour d’eux… Que ce soit pour des règlements de compte ou simplement en vendant des drogues qui rendront dépendants les consommateurs. Même les forces de l’ordre se trouvent dépourvues devant un trafic qui ne cesse de croître et une violence qui monte d’un cran à chaque fois !

Mais alors ? Que faire ? Légaliser le cannabis, principal produit de ces trafics ? Ou continuer à l’interdire et espérer éviter d’autres drames humains… Une question à laquelle il va être difficile de répondre !

Gérald Darmanin ne légalisera pas le cannabis en France !

D’après les récentes déclarations de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, ce n’est pas sur lui qu’il faudra compter pour légaliser le cannabis. Nous ne parlons pas ici du cannabis thérapeutique mais bien du cannabis qui se vend en sous-main de manière totalement illégale. Plusieurs états ont déjà légalisé la consommation et la vente de cannabis, mais selon le ministre, ils seraient revenus sur leurs lois… Les arguments de Darmanin contre la légalisation du cannabis sont les suivants :

  • En autorisant la vente et la consommation de cannabis, les dealers se tourneraient alors vers des trafics de drogue encore plus dangereuses pour les consommateurs. Les drogues dites dures comme l’héroïne ou la cocaïne font déjà l’objet de trafic, mais le cannabis arrive en tête des ventes illégales. En le légalisant, on amplifierait donc les autres trafics.
  • Légaliser le cannabis impliquerait que les trafiquants deviennent des autoentrepreneurs… Et pour le Ministre, un trafic de drogue peut rapporter jusqu’à 100 000€ par jour net d’impôts… Quel trafiquant accepterait de déclarer de tels revenus ?

Bien entendu les arguments du ministre ne font pas l’unanimité… D’ailleurs, selon lui, certains états qui ont légalisé le cannabis seraient déjà revenus sur leurs décisions. Mais au fait, où le cannabis est-il légalisé et pour quels résultats ?

La légalisation du cannabis dans le monde

L’Uruguay fût le premier pays au monde à légaliser le cannabis à usage récréatif. Et selon le gouvernement, cette mesure aurait été prise justement pour lutter contre les trafics. Cette mesure a permis de diminuer les trafics illégaux mais pas de les éradiquer. En Uruguay, on peut donc cultiver en toute légalité ses propres plants avec des graines de cannabis à condition que ce soit pour sa consommation personnelle . Ou se fournir en produit dans des clubs spécialisés ou en pharmacie. Attention cependant, la vente de cannabis légale est réservée aux ressortissants uruguayens.

Aux Etats-Unis, le cannabis est interdit au niveau national, cependant certains états, qui rappelons-le peuvent instaurer des droits locaux l’autorisent à des fins thérapeutiques. 15 états dont l’Alaska ou le Colorado autorisent le cannabis à usage récréatif et 35 celui à usage thérapeutique. Le président Joe Bidden semble être favorable à une légalisation fédérale…

Et ailleurs c’est comment ?

Depuis 2018, au Canada, le cannabis à usage récréatif est autorisé. Et selon les statistiques officielles, cela aurait permis une baisse des accidents de la route, une baisse de la consommation chez les plus jeunes, et des recettes pour l’Etat. Cela n’a cependant pas résolu le problème des trafics qui fournit encore les 2/3 du marché canadien.

En Afrique, le Lesotho utilise le cannabis médical depuis 2008 déjà ! Le cannabis est légal en Afrique du Sud à condition qu’il soit consommé dans un cadre privé. De nombreux utilisateurs n’hésitent d’ailleurs pas à se tourner vers des banques de graines de cannabis pour le cultiver dans leur domicile. Le Maroc, quant à lui, pourrait aller vers la légalisation en 2023. Le pays étant l’un des plus gros producteurs de l’Europe. Plus près de chez nous, aucun pays n’autorise le cannabis à usage récréatif sauf les Pays-Bas de manière très encadrée… L’Espagne, l’Allemagne, l’Autriche ou la Suisse permettent l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques.

Des pays ont-ils vraiment fait marche arrière sur la "légalisation du cannabis" ?
Photo d’illustration. Crédit image : Shutterstock / fukume

En France, les expérimentations thérapeutiques commencent à peine dans certains hôpitaux… Alors la légalisation du cannabis récréatif ou thérapeutique n’est vraisemblablement pas pour demain… De plus la France possède est le pays où la répression est la plus stricte en Europe… Il faut dire aussi que la France est le pays qui comptent le plus grand nombre de consommateurs de produits stupéfiants. Aucun de ces pays ne semblent être, pour le moment, revenu sur ces lois…. Gérald Darmanin aurait-il donc donné une fake news ?

Combien peut rapporter un trafic de stupéfiants aux trafiquants ?

C’est évidemment une réponse difficile à donner puisque c’est une économie souterraine. Cependant, les forces de l’ordre qui luttent quotidiennement contre ce fléau estiment qu’il existe environ 4000 points de vente en France explique le site LCI.

Les différents trafics de stupéfiants rapporteraient environ 3 milliards d’euros chaque année. En tête, la vente de cannabis avec 1.2 milliards, puis celle de la cocaïne (800 millions) le reste étant pour les autres drogues : héroïne, crack etc…

Et dans le détail d’un seul point de deal

Si les trafics prolifèrent, c’est parce qu’ils sont très lucratifs. Le trafic de drogue rapporte chaque année 3 milliards d’euros. La vente de cannabis représente 1,2 milliards, suivie par celle de la cocaïne qui s’élève à 800 millions d’euros, puis l’héroïne et les drogues de synthèse. Alors, quelle est la stratégie adoptée contre les trafics dans ce contexte ?

Dans le détail, une tête de réseau gagnerait environ 385 000€ par an soit un salaire mensuel de 32000€. Un guetteur, lui, gagnerait 800€ par mois et le responsable du réseau de quartier empocherait 7500 € mensuels. Tous ces revenus étant évidemment net d’impôts et non taxés puisque illégaux ! Au 1er janvier 2021, les forces de l’ordre revendiquent 1800 arrestations…  Soit une hausse de 38% par rapport à 2020…

Victimes du trafic

Malheureusement ce genre de trafic ne se fait pas sans dommages collatéraux. On ne compte plus les règlements de compte qui enlève des vies chaque jour ou presque. Marseille en est le triste exemple avec selon le journal Le Monde, plus de 10 morts depuis le début de l’année et cela touche évidemment les plus jeunes… Mais les règlements de compte existent partout en France et il est presque impossible de les prévoir et d’en empêcher les issues fatales.

Alexandre Bonazzi

Je travaille dans une société d'études et de conseil depuis 25 ans. Passionné par les nouvelles technologies, le High-tech et la pop culture en général j'ai fondé Neozone en 1999 où je partage depuis des articles et mes humeurs. Vous pouvez m'écrire directement par mail.

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