Innovation

Héliostat : l’invention géniale de Jean-Luc Perrier, pionnier de la technologie solaire à concentration et hydrogène

Pionnier dans le domaine des technologies solaires à concentration et hydrogène, l'inventeur français imagine en 1971, une alternative à l'énergie provenant du pétrole...

Vous ne connaissez probablement pas Jean-Luc Perrier, un Angevin né en août 1941 et décédé dans un accident de voiture en 1981… Il était pourtant un génial scientifique, inventeur et enseignant français… Son domaine : les technologies solaires à concentration et hydrogène… Cet homme est considéré comme le pionnier de ce domaine avec trois inventions qui étaient les premières du genre dans les années 1970… Il a en effet conçu un immense « four solaire » ou héliostat de 50 kW, que nous vous proposons de découvrir juste après. Il n’a malheureusement pas vécu assez longtemps pour comprendre que ce qu’il imaginait en 1970 serait plus que jamais d’actualité en 2022… Précisons que cet inventeur n’a reçu aucune subvention, qu’il a travaille plus de 5000 heures seul pour parvenir à donner vie à ses inventions… Retour sur cette incroyable invention de Jean-Luc Perrier.

Pourquoi a-t-il inventé cet héliostat ?

En créant ses inventions, l’homme souhaitait attirer l’attention des industriels et des pouvoirs publics sur les alternatives aux problèmes énergétiques de l’époque… A cette époque, ils ne se souciaient pas encore du réchauffement climatique, mais les chocs pétroliers de 1973 et 1979 faisaient craindre une pénurie de carburants, chauffage etc. Malheureusement pour Jean-Luc Perrier et probablement pour l’Humanité, la découverte de nouveaux gisements pétroliers a détourné l’intérêt des pouvoirs publics pour les inventions de ce type.  Et c’est peut-être également à cause de ces nouveaux gisements que les autorités se sont, à cette époque, désintéressées des énergies prônées par Perrier.

Jean-Luc Perrier avec un jet de vapeur produit par son concentrateur solaire.
Jean-Luc Perrier avec un jet de vapeur produit par son concentrateur solaire. Par Jean-Luc PERRIER, CC BY-SA 2.5

Le four solaire ou héliostat…

Cette immense structure mesure 12 mètres de large sur 8.6 mètres de haut et a une emprise au sol de 103 m²… Le four solaire se compose de 71.01 m² de miroirs et pèse 50 tonnes… Il a été construit sur une fondation de 40 tonnes de béton… 263 miroirs déclassés, récupérés ou venant de dépôts, ont été installé sur la surface du four solaire. Ces miroirs concentrent alors les rayons du Soleil vers une chaudière pouvant atteindre les 1 100 °C, capable de développer une puissance de 50 à 70 kW.

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En 1980, le four solaire de Perrier était le 2ème en France en termes de puissance…  Il avait aussi imaginé que son héliostat suive la course du Soleil, en orientant le cadre porteur automatiquement avec une précision angulaire de 0,4 milliradian. En juin 1977, l’héliostat avait été utilisé pour fondre une plaque d’aluminium de 25 millimètres à une température de 625°C, puis la même année, il avait pu produire de l’électricité à l’aide d’une turbine à vapeur, qu’il avait lui-même construite.

Concentrateur solaire et voiture à hydrogène de Jean-Luc Perrier, lors des portes-ouvertes de son installation à Villevêque le 27 septembre 1980.
Concentrateur solaire et voiture à hydrogène de Jean-Luc Perrier, lors des portes-ouvertes de son installation à Villevêque le 27 septembre 1980. Crédit photo : Par Jean Luc PERRIERCC BY-SA 2.5,

Où peut-on voir ce four solaire ?

L’épouse de Mr Perrier a proposé l’héliostat à la Baronnerie, le lycée dans lequel enseignait son mari… Mais cela ne l’a pas intéressé. Elle l’a aussi proposé au Futuroscope de Poitiers, dans lequel il aurait tout à fait sa place évidemment, mais nouvel échec… Finalement, grâce à Mr Barrault, un ami de longue date de l’inventeur, l’héliostat, dépourvu de ses miroirs, a pris place dans la cour du Musée Sainte Croix de Poitiers mais il ne sera jamais remis en route. En 2004, il se « déplace » sur le campus d’IUT de génie thermique de Poitiers, où la structure sans miroir se trouve encore aujourd’hui. En 2006, il aurait pu reprendre vie dans le cadre d’un projet universitaire, mais il fallait trouver la somme de 100 000€ pour refaire toute la partie mécanique et regalvaniser la structure… Ce qui ne fût pas possible, et le projet a été abandonné.

Source
Ouest-france.ffWikipedia.org

Méline Kleczinski

Jeune rédactrice de 20 ans, j'aime parler d'actualités, d'environnement et de ce qui se rapporte aux sciences et à la psychologie. Je suis passionnée par les animaux en général et par tout ce qui touche à leur bien-être.

9 commentaires

  1. Merci Méline pour cette information à propos du captage et utilisation de l’énergie que même un ingénieur plutôt bien informé sur le sujet ne connaissait pas. Continue à publier ! Encore bravo. Cordialement, Guy Mottier

  2. Bonjour, j’ai vu l’heliostat, et j’ai également rencontré Jean Pierre Barrault. il possédait à l’époque un garage dépannage automobile sur la route de Biard. C’est son fils qui l’avait repris. A une époque il était possible de s’y rendre pour se procurer le livre que Monsieur Perrier avait publié sur les énergies solaires, on pouvait y voir l’heliostat et la turbine à vapeur ainsi qu’une voiture à hydrogène. Bravo à Messieurs Perrier et Barrault.

  3. Merci Melanie! Tous ces genis dont les inventions ont ete et sont encore bafouees! Et qui auraient pu modifier bien des choses!

  4. Bonjour j’ai bien connu ce monsieur c’était notre professeur de technologies à l’école “la baronnerie” à st Sylvain d’Anjou

  5. Bonjour,
    J’étais présent à la journée portes ouvertes, j’avais 15 ans et je trouvais cela formidable. Mon père travaillait à “la baronnerie” où mr Perrier enseignait.
    A l’époque, personne ne comprenait pourquoi ses inventions ne decolaient pas. Peut-être que le lobby pétrolier n’y avait pas grand intérêt ?
    Cordialement
    Olivier M.

  6. C’est toujours la même chose, regardez pour le lithium qui nous envahit de plus en plus malgré sa détérioration de notre planète. Cet inventeur est un génie, mais peut-être n’aurait pas engendré les profits que veulent certaines personnes ayant le pouvoir de l’argent mais surtout des œillères et une pensée unique.

  7. J’ai rencontré Jean-Luc Perrier à la foire de Paris en 1980 j’étais à ce moment débutant ingénieur dans le solaire.
    je photographiais toutes ces installations alors il m’a demandé si j’étais journaliste.
    il y avait aussi sa Simca 1000 à hydrogène qui m’intriguait beaucoup parce que mes parents avaient aussi une Simca 1000.
    aujourd’hui je m’intéresse à l’utilisation de l’hydrogène dans l’habitat comme l’a fait le fraunhoffer institut il y a 30 ans, en produisant une maison 100 % autonome (thermiquement et électriquement)

  8. Élève de Jean Luc Perrier, j’ai participé modestement à l’électronique de commande du four en 1976 ou 1977. Je n’ai jamais compris le peux d’intérêt des technologies qu’il avait mis au point . Comme il disait à l’époque, il faudra 40 ans d’études pour démocratiser ce projet. Nous sommes 40 ans plus tard et il nous reste encore les 40 ans d’études à commencer. A cette vitesse la, on est pas arrivé .

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