Innovation

L’invention d’un implant sous-cutané pour inverser le diabète de type 1, sans traitement immunosuppresseur

Avec ce traitement potentiel contre le diabète de type 1, des cellules pancréatiques productrices d’insuline sont implantées dans une poche créée sous la peau du patient. L’expérience chez des souris a démontré que cette thérapie fonctionne sans administrer des médicaments anti-rejet.

Chez une personne souffrant du diabète de type 1, le système immunitaire attaque et détériore les cellules sécrétrices d’insuline du pancréas (cellules des îlots de Langerhans). Ce dysfonctionnement provoque un manque d’insuline et une augmentation de la glycémie chez le patient. Pour gérer cette maladie, les patients ont le choix d’administrer à vie des injections d’insuline ou d’utiliser une pompe à insuline. Depuis quelques années, des scientifiques effectuent des travaux de recherche afin de trouver une alternative plus pratique à ces deux modes de traitement traditionnels. Ils cherchent des moyens de produire cette hormone protéique à l’aide d’un implant. Dans cette étude, des chercheurs de l’Université Cornell et de l’Université de l’Alberta aux États-Unis, ont testé un nouveau traitement sur des souris. Ils ont constaté des résultats prometteurs, avec notamment l’absence des réactions immunitaires contre l’implant. Découverte.

Un traitement potentiel contre le diabète de type 1

En 2017, Minglin Ma, professeur associé du département de la biologie et de l’ingénierie environnementale de l’Université Cornell, a créé la fibre d’alginate renforcée, qui servait à encapsuler les îlots de Langerhans. Cet implant amovible contenait des centaines de milliers de cellules d’îlots pancréatiques. Il était enveloppé d’un fin revêtement d’hydrogel d’alginate, puis inséré dans la cavité abdominale des souris. En 2021, ce chercheur a mis au point une version d’implant plus robuste. Cette dernière était capable de contrôler efficacement le taux du sucre des souris diabétiques jusqu’à six mois, sans déclencher des réactions immunitaires. L’approche développée par Minglin Ma a suscité l’intérêt de James Shaprio, chercheur en diabète de l’Université de l’Alberta. Ce dernier avait conçu une technique visant à insérer les cellules d’îlots pancréatiques dans la poche située sous la peau et à les protéger en utilisant des immunosuppresseurs. Les deux scientifiques américains ont ainsi eu l’idée de combiner leurs méthodes, en vue d’optimiser la survie des cellules productrices d’insuline. Ils ont déclaré que cela a fonctionné. Ils ont noté une grande amélioration du site cutané pour la greffe des cellules sécrétrices d’insuline, sans administrer des immunosuppresseurs.

Une femme portant un capteur de surveillance de glycémie et une pompe à insuline.
Une femme portant un capteur de surveillance de glycémie et une pompe à insuline. Photo d’illustration non contractuelle. Crédit : Shutterstock

L’approche SHEATH (subcutaneous host-enabled alginate thread)

La collaboration entre Minglin Ma et James Shaprio a abouti à la création du processus SHEATH. En effet, ces chercheurs ont placé un cathéter en nylon de qualité médicale sous la peau durant quatre à six semaines. Cela a provoqué une réponse inflammatoire contrôlée par un corps étranger, formant ainsi un réseau de vaisseaux sanguins épais autour lui. Ce cathéter a été retiré, y laissant un canal dans lequel a été inséré le dispositif à base d’alginate contenant des cellules d’îlots pancréatiques. Les vaisseaux environnants apportent aux cellules pancréatiques l’oxygène et les nutriments dont elles ont besoin.

Selon ces chercheurs, cette approche est moins invasive et plus facile à réaliser que la greffe au niveau de l’abdomen. Chez des souris atteintes de diabète de type 1, ce traitement potentiel a permis une inversion de cette condition, sans recourir à une méthode d’immunosuppression. De plus, la régulation de la glycémie était maintenue plus de 190 jours chez certains individus. En outre, le retrait et le remplacement d’un implant s’effectuaient efficacement. Lorsque le dispositif est retiré, une hausse du taux du sucre a été aperçue. Mais une fois le remplacement réalisé, la glycémie a retrouvé son niveau normal.

Il est fréquent que les femmes enceintes développent un diabète gestationnel, il faut donc surveiller de près la glycémie.
Il est fréquent que les femmes enceintes développent un diabète gestationnel, il faut donc surveiller de près la glycémie. Photo d’illustration non contractuelle. Crédit : Shutterstock

L’évolutivité de ce traitement potentiel contre le diabète de type 1

Les scientifiques ont obtenu des résultats encourageants lors des tests sur des souris diabétiques. Ils prévoient également de tester l’approche sur des mini porcs. Malgré le succès de l’expérience chez ces modèles animaux, cette équipe de recherche reconnaît qu’il existe encore des contraintes à surmonter pour parvenir à appliquer cliniquement ce système chez les humains. Néanmoins, elle espère réussir à développer des versions d’implant efficaces et fonctionnelles pendant deux à cinq ans. Plus d’informations : Nature Biomedical Engineering. Que pensez-vous de ces recherches sur le diabète ? Nous vous invitons à nous donner votre avis, vos remarques ou nous remonter une erreur dans le texte, cliquez ici pour publier un commentaire .


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