Astuces

Comment réaliser un jardin de pluie ?

À l'approche du mois de mars, l'époque des giboulées, découvrez comment transformer ces averses en atout écologique grâce aux jardins de pluie, une solution à la fois pratique et poétique

Dans moins de trois semaines, nous serons au mois de mars, le mois connu depuis des siècles comme étant celui des giboulées ! Une giboulée étant un phénomène météorologique de convection atmosphérique provoqué par le contraste thermique qui intervient à l’arrivée du printemps, selon Météo France. Ce sera donc le moment de penser à récupérer cette eau, parfois tombant en quantités importantes, ou de créer un jardin de pluie… Le jardin de pluie, un nom poétique pour une technique ancestrale permettant de gérer les eaux pluviales. Très utilisé en permaculture, le jardin de pluie revient en force, et à cause des pénuries d’eau qui ne devraient pas s’arranger, en période de réchauffement et de dérèglement climatique. Mais, qu’est-ce qu’un jardin de pluie ? Comment le créer dans votre propre jardin ? On va tout vous expliquer !

Un jardin de pluie, qu’est-ce que c’est ?

Un jardin de pluie est un aménagement paysager conçu pour gérer de manière efficace les eaux de pluie qui s’écoulent sur une parcelle. Son objectif principal est de prévenir les inondations, de favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol, et de reconstituer les réserves d’eau souterraine. Ce type de jardin est particulièrement utile pour atténuer les problèmes liés aux ruissellements et aux déversements d’eau de pluie. Avec les récentes inondations dans le nord de la France, créer des jardins de pluie pourrait devenir indispensables, pour éviter les drames liés aux crues redondantes dans cette région.

Pourquoi un jardin de pluie ?
Pourquoi un jardin de pluie ? Photo d’illustration non contractuelle. Crédit : Shutterstock

Quelles sont les principales caractéristiques d’un jardin de pluie ?

Lorsque l’on crée un jardin de pluie, ce n’est donc pas pour des questions esthétiques, mais plutôt par prévention des ruissellements et des inondations. Un jardin de pluie doit être conçu pour capter les eaux pluviales et, en conséquence, pouvoir les « contrôler ». Dans un jardin de pluie, il faut alors choisir une végétation adaptée, soit des plantes qui se développeront dans des conditions très humides, voire lors d’inondations temporaires.  Ce jardin, si vous imaginez le créer chez vous, doit nécessairement être créé avec une pente pour faciliter les écoulements naturels, en minimisant les risques d’érosion du sol. Enfin, pour réduire les ruissellements, la création de cuvettes (ou bassines) ainsi que de petits canaux d’irrigation, ou de crêtes, permettront de ralentir les ruissellements. Et, pour terminer le portrait du jardin de pluie, il est une oasis exceptionnelle pour favoriser la biodiversité, et faire revenir dans les jardins, des espèces qui les avaient désertés. L’objectif global d’un jardin de pluie étant de transformer les eaux de pluie en une ressource bénéfique pour l’écosystème local.

Comment créer un jardin de pluie ?
Comment créer un jardin de pluie ? Photo d’illustration non contractuelle. Crédit : Shutterstock

Quels sont les principes de fonctionnement d’un jardin de pluie ?

Vous l’aurez compris, si un jardin de pluie peut être un choix esthétique, il est surtout un choix écologique, et préventif pour limiter les dégâts liés aux inondations, et aux crues de plus en plus fréquentes. Il devient de plus en plus difficile de réguler les eaux de pluie dans certaines régions, le jardin de pluie pourrait être une solution pour ce problème. Nous n’avons rien inventé, comme souvent, les jardins de nos ancêtres appliquaient déjà des procédés semblables, en phase avec Dame Nature ! Voici les quelques principes de fonctionnement de base d’un jardin de pluie :

  • Recueillement des eaux de pluie provenant des toits, grâce à des gouttières et des descentes pluviales, qui dirigent l’eau vers le jardin. C’est le principe d’un récupérateur d’eau de pluie, mais réalisé au moyen de gouttières qui viennent directement irriguer le potager, ou remplir les nappes phréatiques.
  • Filtration des eaux de pluie grâce à une végétation sélectionnée avec précaution. Cette dernière agira, par sa structure, comme un stabilisateur de sol, et par son essence, comme un filtre naturel des eaux tombées du ciel. Certains jardins de pluie, comme ceux que l’on peut voir dans certains centres de recyclage, vont même jusqu’à pouvoir traiter les eaux usées, grâce à la végétation qu’ils abritent, c’est la phytoépuration.
  • Absorption des eaux pluviales grâce à l’installation de matériaux perméables comme des sables ou des graviers, qui éviteront les « flaques d’eau » et favoriseront l’infiltration de l’eau en profondeur, dans le sol. Qui plus est, ces matériaux perméables et naturels, contribueront aussi au bien-être de la végétation.
  • Privilégier la biodiversité en dirigeant l’eau de pluie, vers des zones spécifiques, pour attirer des espèces végétales et animales, qui contribueront, par exemple, à l’élimination d’insectes nuisibles de manière totalement naturelle.

Comment concevoir un jardin de pluie ?

Concrètement, les jardins de pluie sont généralement conçus par des collectivités territoriales, sur des chantiers de grande ampleur. Néanmoins, dans un jardin « de particuliers », rien n’empêche la création d’un jardin de pluie, à l’échelle d’une surface plus petite. Concrètement, pour réaliser un jardin de pluie, il faut quelques éléments indispensables :

  • Un système de récupération des eaux de pluie
  • Une végétation adaptée
  • Du sable ou du gravier
  • Un terrain en pente, ou une pente à créer artificiellement avec de la terre végétale et de qualité.

Réaliser un jardin de pluie implique plusieurs étapes cruciales pour optimiser son efficacité. Tout d’abord, une observation approfondie et une connaissance détaillée de la topographie de votre jardin permettront d’identifier les zones propices à l’écoulement et à la stagnation des eaux de pluie. Si des récupérateurs d’eau sont déjà en place, vous avez probablement repéré les surfaces imperméables, comme les toits, les allées ou les terrasses, d’où l’eau peut être dirigée vers le futur jardin de pluie. La création du jardin commence par le creusement d’un bassin en tenant compte de la pente naturelle du terrain. Ce bassin servira de zone de rétention, où l’eau pourra temporairement s’accumuler avant de s’infiltrer lentement dans les nappes. La profondeur (10 à 20 cm) et la superficie dépendront de divers facteurs tels que la taille du jardin, la nature du sol et les précipitations moyennes locales. Il est essentiel de positionner le bassin à une distance raisonnable de l’habitation (3 à 4 m) pour éviter tout impact négatif sur la structure du sol.

Un jardin de pluie ou jardin pluvial.
Un jardin de pluie ou jardin pluvial. Photo d’illustration non contractuelle. Crédit : Shutterstock

Pour favoriser l’infiltration, le fond du bassin est ensuite comblé avec des matériaux perméables tels que des graviers. Si le sol est compact ou argileux, l’ajout de sable ou de compost peut être nécessaire pour améliorer la perméabilité, tandis que la couche supérieure sera constituée de terre végétale. Il faudra ensuite choisir les plantes et opter pour des végétaux adaptés aux conditions spécifiques du jardin de pluie. Pensez également à intégrer quelques pierres ou quelques roches, pour créer des « crêtes » sur lesquelles l’eau pourra s’écouler et assurer un drainage naturel. Il est par ailleurs essentiel de diriger les gouttières non équipées de récupérateurs vers le jardin de pluie, parfois en aménageant des canaux ou des mini-tranchées peu profondes pour guider l’eau de manière efficace.

Quant à l’entretien, il n’en demande pas plus qu’un jardin ordinaire ! Il faudra donc surveiller vos plantations, et les arroser en période de grande sécheresse. Le désherbage devra de plus être fréquent pour éviter l’étouffement des plantes. De plus, si vous créez des canaux, il faudra veiller à ce qu’ils soient dénués de déchets végétaux pour éviter qu’ils ne s’engorgent. Que pensez-vous de ce concept du jardin de pluie ? Peut-être avez-vous déjà créé le vôtre ? Donnez-nous votre avis, ou partagez avec nous, votre expérience. Merci de nous signaler toute erreur dans le texte, cliquez ici pour publier un commentaire .


Abonnez-vous à NeozOne sur Google News ou sur WhatsApp pour ne manquer aucune invention et innovation !

Nathalie Kleczinski

Passionnée de lecture et d'écriture, il était presque logique que je me tourne vers le métier de rédactrice/journaliste professionnelle. Écrire est une passion, un besoin et une manière de communiquer indispensables. Touche-à-tout de l'écriture, j'aime surtout écrire sur des sujets liés à l'environnement, mais aussi à ceux qui prodiguent des conseils, ou des astuces pour vous aider dans votre quotidien. Je suis une adepte des tests en tous genres, surtout s’ils permettent de créer, de faire des économies, ou d’utiliser des produits recycler ! Je voue également une véritable passion aux animaux et suis très sensible à leur bien-être et aux inventions qui peuvent améliorer leurs quotidiens. En revanche, je peux vite devenir cassante lorsqu’il s’agit de parler de maltraitance. Enfin, j’aime découvrir et faire découvrir de nouvelles inventions, de petites choses qui amélioreront notre quotidien, ou celui des personnes en situation de handicap, autre cause qui me tient à cœur. Bénévole dans une association liée à l’aide aux victimes d’accidents de la route, vous comprendrez aisément que cette cause me touche aussi et que j’estime primordial de mettre en avant tout ce qui peut améliorer cette sécurité routière et empêcher un décès supplémentaire sur la route. Ma devise : Carpe Diem, car la vie est courte, et qu'il faut transformer chaque instant en tranches de bonheur !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Bouton retour en haut de la page