Le reportage diffusé sur M6 sur les pratiques de destruction des invendus d’Amazon est édifiant… Une loi devrait bientôt (on l’espère) mettre fin à ses pratiques détestables !

Vous avez peut-être regardé l’édifiant reportage de M6 (Capital du 13 Janvier) et bien sûr cette émission a lancée une pierre dans l’énorme mare du géant américain. Il s’avère que de nombreux produits encore en état de fonctionnement puisque neufs sont détruits pour diverses raisons. Evidemment c’est une aberration tant au niveau écologique qu’au niveau humanitaire. Cela concerne des produits électroniques comme télévision mais également des produits de première nécessité comme les couches pour bébé. Une loi semblable à celle qui oblige les magasins alimentaires à donner leurs invendus à des associations devrait bientôt voir le jour. Reste à déterminer pourquoi le gouvernement français n’a pas agi avant ce reportage ?

Concrètement Amazon stocke les produits de vendeur tiers pour pouvoir les expédier depuis leur entrepôt et estampiller les produits du fameux « Amazon Prime » assurant une livraison à J+2 de la commande au maximum. Cet effet Prime rassure le client et permet aux vendeurs d’augmenter considérablement leurs ventes. Ainsi un produit fabriqué à l’autre bout du monde peut parfois vous être livré le jour même de la commande ! Mais quand les produits ne sont pas vendus, deux solutions s’offrent aux vendeurs : le retour du produit contre frais d’expédition parfois supérieurs au prix unitaire du produit ou la destruction pure et simple de ses produits. Hallucinant mais pourtant compréhensible en se mettant à la place d’un vendeur chinois pour qui l’écologie et le social ne sont pas au centre de ses préoccupations.


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En faisant grimper les prix de stockage des invendus au-delà de 6 mois, certains vendeurs (notamment chinois) préfèrent faire détruire leur marchandises que de la faire retourner dans leurs locaux. Nous ne cautionnons évidemment pas le fait que ces produits soient détruits mais nuançons un peu tout de même. Dans l’exemple cité dans le reportage on parle d’agrafeuses vendues autour de 20€ qui couterait presque plus cher de les reprendre par le vendeur. Mais quelles associations auront besoin de 25000 agrafeuses ?

Est-ce qu’elles les récupéreront pour ne rien en faire et finalement les jeter à leur tour ? En revanche concernant les produits utiles comme les couches bébés, les cafetières dont les capsules sont périmées ou encore les jouets, il est juste inadmissible de procéder de cette manière. Il ne faut donc pas mettre tout dans le même panier ! Donner aux associations caritatives : évidemment mais à condition que ces produits soient finalement réellement redistribués sinon quelle utilité ?

Dans le débat qui a suivi cette infiltration coup de poing, Brune Poirson secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire a fait mine d’être étonnée et outrée de ces pratiques. Nous avons tout de même du mal à croire que les hautes instances de l’Etat ne soient pas au courant de ce genre de pratiques quand on sait qu’Amazon est dans leur ligne de mire quant aux bénéfices qu’ils dégagent en France mais sur lesquels ils ne sont toujours pas imposés. La secrétaire d’Etat a promis une loi dans les 6 mois interdisant ce genre de pratique et obligeant le géant américain et toutes les sociétés adeptes de ses pratiques délirantes à céder leurs stocks d’invendus à des associations caritatives.

Il serait également possible de les revendre à prix très cassés, pour leur éviter la destruction. Il faut tout de même savoir qu’aucune loi pour le moment n’interdit ces pratiques détestables. Alors il faudrait peut-être se demander pourquoi aucun encadrement n’a été fait avant et qu’il faille attendre ce genre d’émissions « coup de poing » pour que nos têtes pensantes soient acculées et daignent agir sur des pratiques qui durent depuis des années. Nous suivrons le vote de cette loi et espérons qu’il pourra résorber ce gâchis monumental !

Avec les informations du site : mrmondialisation.org
Crédit photo de couverture : Pile de colis d’Amazon. De Frank Gaertner/Shutterstock