Innovation

Des scientifiques parviennent à transformer des déchets plastiques en hydrogène à faible teneur en carbone

À Singapour, des scientifiques ont mis au point un procédé permettant d’extraire de l’hydrogène à partir des déchets plastiques. Le combustible pourra servir de carburant pour les voitures, mais aussi de source d’énergie pour les appartements.

Singapour produit chaque année environ 832 millions de kilogrammes de déchets plastiques. À ce jour, la plupart des ordures finissent dans les décharges ou sont incinérées. Après des recherches approfondies dans les laboratoires de l’Université technologique de Nanyang, des scientifiques pensent enfin avoir trouvé ce qui semble être la meilleure solution pour donner une nouvelle utilité aux déchets plastiques. Ils ont effectivement inventé un processus permettant d’obtenir de l’hydrogène à partir de ces derniers.

Rien ne se perd, tout se transforme

Le projet est mené par le professeur agrégé Grzegorz Lisak et son équipe. Leur approche repose sur un processus chimique à haute température appelé « pyrolyse ». À l’issue de celui-ci, on obtient un mélange gazeux contenant environ 78 % d’hydrogène, 20 à 24 % de méthane et une petite quantité de CO2. Le mélange gazeux pourra être converti en énergie pour alimenter dans un premier temps les usines de production d’électricité, et à terme, jusqu’à 1 000 logements de cinq pièces pendant un an. Pour le cas des machines demandant une forme d’hydrogène plus pure, comme les voitures à hydrogène, l’équipe a également développé un procédé pour obtenir un tel combustible.

Différents types de plastiques, dont les déchets marins (au centre), qui peuvent être transformés en nanotubes d'hydrogène et de carbone.
Crédit photo : Université technologique de Nanyang (NTU Singapour)

Des sous-produits plus utiles les uns que les autres

En ce qui concerne le méthane et le CO2, les scientifiques avancent qu’il est possible de les traiter pour approvisionner le réacteur de pyrolyse. Le processus engendrera en outre une petite quantité de charbon qui pourra également servir de source de chaleur. Selon le professeur Grzegorz Lisak, la technique de pyrolyse que lui et ses collaborateurs ont développée génère un sous-produit intéressant: il s’agit de nanotubes de carbone qui peuvent servir pour la fabrication de capteurs, de semi-conducteurs ou encore de piles à combustible.

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Les recherches s’élargissent

Les scientifiques de l’Université technologique de Nanyang ont encore du chemin à parcourir avant que leur invention ne soit totalement opérationnelle et commercialisable. Les tests continuent sur le campus, en collaboration avec l’entreprise environnementale Bluefield Renewable Energy. L’équipe travaille également avec Ocean Purpose Project pour mettre au point une stratégie efficace pour le recyclage des déchets amassés dans l’océan.

“Le développement de ces technologies de l’hydrogène fait partie du plan de Singapour visant à explorer les technologies de l’hydrogène dans le cadre de ses efforts pour diversifier les sources d’énergie, car elles pourraient remplacer les combustibles fossiles tels que le gaz naturel, tout en réduisant l’empreinte carbone de la nation (…) La transposition de cette technologie à l’échelle industrielle constituera un grand pas en avant pour Singapour, qui disposera ainsi d’une source d’énergie propre alternative tout en mettant en œuvre son premier plan directeur ‘zéro déchet’.”  Nanyang Technological University (NTU)

Dans le cadre d’un projet mené à Lombok en Indonésie, l’ONG avait démontré la possibilité d’exploiter les ordures marines pour les transformer en des sous-produits très rentables. Avec une tonne de déchets plastiques, on pourrait extraire 27 kg d’hydrogène et 151 kg de nanotubes de carbone, qui peuvent respectivement être vendus à 57 dollars et 15 100 dollars. À noter que ce projet de la NTU bénéficie du soutien de l’Industry Alignment Fund-Industry Collaboration Projects (IAF-ICP), sous la tutelle de l’Agence singapourienne pour la science, la technologie et la recherche.

(Dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du bas à droite) Tan Yong-Tsong, directeur exécutif de Bluefield Renewable Energy, Grzegorz Lisak, professeur agrégé de NTU, Margaret Dcruz, administrateur du projet Ocean Purpose et responsable des ressources humaines, Richard Ho, ingénieur en chef du projet Ocean Purpose, Andrei Veksha, chercheur principal de NTU, et Bluefield Renewable Energy's Monsieur Irshad Mohamed.
Crédit photo : Université technologique de Nanyang (NTU Singapour)

Source
straitstimes.com

Marc Odilon

Tout ce qui touche de près ou de loin à l'High-tech me fascine !

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