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Les trois campagnes de vaccination qui ont marqué la France du XIXe siècle à nos jours

Le vaccin contre la Covid-19 est arrivé et il fait débat ! Vaccinera ? Vaccinera pas ? Pourtant les vaccins ont permis d'éradiquer de nombreuses maladies mortelles !

S’il y a en ce moment un sujet qui anime tous les médias, c’est celui du vaccin contre la Covid-19 ! Les antivax, nombreux en France insinuent que ce vaccin n’est pas sûr, quand les médecins s’échinent à faire reconnaître le sérieux des institutions de santé française.

Les réseaux sociaux sont inondés d’anti-masques, d’anti-vaccins, « d’anti-tout » alors que le seul souhait de tous est bien d’éradiquer ce virus qui nous pourrit la vie depuis près d’un an ! Et il va bien falloir admettre que ce vaccin est peut-être la seule issue… D’autres maladies ont été éradiquées par un vaccin alors pourquoi ne serait-ce pas le cas de la Covid-19.

Une campagne de vaccination hors norme ?

La campagne de vaccination a débuté depuis le 27 décembre, et il faut avouer que c’est un peu le cafouillage généralisé au sommet de l’Etat ! Qui vacciner en premier ? Où ? Bref, comme souvent, nous, citoyens devons faire avec leurs tergiversations. C’est en tout cas, la première fois qu’une campagne de vaccination d’une telle ampleur se déroule dans le monde entier.

En France, 11 vaccins sont OBLIGATOIRES pour les enfants et nourrissons : tétanos, poliomyélite, diphtérie, coqueluche, hépatite B, rougeole, rubéole, oreillons (ROR) et trois formes de méningites. C’est ainsi, pour aller à l’école, l’enfant doit être vacciné ! Et ces maladies ont presque complètement disparus des établissement scolaires… Dans les années 80, il n’était pas rare d’avoir les oreillons ou la rougeole, aujourd’hui ces maladies n’existent quasiment plus. Les vaccins ont donc une redoutable efficacité ! D’ailleurs trois maladies ont déjà fait l’objet de campagne de grande ampleur en France : la variole, la poliomyélite et la tuberculose.

La tuberculose :

C’est à Albert Calmette et Camille Guérin que l’on doit le fameux BCG, le vaccin qui permet d’inactiver le bacille de Koch, responsable de la tuberculose. Françoise Salvadori, maître de conférences en immunologie à l’Université de Bourgogne explique sur France Culture : « Le bacille que les deux chercheurs ont mis dans le vaccin vient de la tuberculose bovine. Il a été atténué en le cultivant plusieurs centaines de fois de suite, en le repiquant sur plusieurs années : ils ont réussi à l’atténuer suffisamment pour qu’il ne soit pas capable de donner une maladie grave, mais qu’il soit capable de protéger contre la vraie maladie »

Le premier vaccin BCG est inoculé le 18 juillet 1921 à l’hôpital de la Charité de Paris. Deux pédiatres vaccinent un nouveau-né dont la mère et morte de la tuberculose quelques heures après l’accouchement. Sur 317 nourrissons vaccinés entre 1922 et 1926, un seul est décédé de la tuberculose !

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Cependant en 1929, un accident lié à la fabrication du vaccin fera plusieurs dizaines de morts chez des enfants. En 1950, le vaccin est rendu obligatoire puis retiré des obligations en 2007. Effets secondaires peu graves, éradication de la tuberculose (en France) et efficacité amoindrie ont eu raison de ce vaccin. Le BCG est toujours administré dans les zones à risque de tuberculose.

La variole

A la fin du XVIII ème siècle, cette maladie qui donne fièvre, douleurs intenses et éruption de vésicules était la première cause de mortalité. Un malade sur cinq en mourrait et les survivants gardaient à vie des cicatrices propres à cette maladie. En 1796, Edward Jenner, médecin anglais découvrent le vaccin en observant les vaches. Il constate que les vachers ne contractent pas la maladie humaine, mais la « variole des vaches », bénigne pour l’humain et l’empêchant de contracter la variole « humaine ». Jenner prélève alors du pus variolique dans les pustules des pis de vache et l’inocule à un enfant de 8 ans ! L’enfant ne contracte pas la variole humaine… Quelques temps plus tard, il injecte la variole humaine au même enfant qui ne développe pas la maladie, protéger par la variole des vaches.

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A Londres, la mortalité chute de 3000/an à 600 ! En France, Napoléon Bonaparte oblige certaines couches de la population à se faire vacciner : l’armée, les fonctionnaires ou les instituteurs. Les maires et curés donnent l’exemple en se faisant vacciner. A partir de 1902, le vaccin est obligatoire à la naissance avec un rappel vers 10 ans. Après une dernière épidémie de variole en 1954 dans le Morbihan, la variole est considérée comme éradiquée par l’OMS en 1980.

La poliomyélite

Cette maladie devient un problème de santé publique après la Seconde Guerre Mondiale. La poliomyélite s’attrape par l’eau non traitée et notamment de la mère à l’enfant. C’est un américain, Jonas Salk qui invente le vaccin en 1952. Il est administré en urgence après une épidémie qui fera 60000 cas aux Etats Unis et 20 000 paralysés infantiles. De nombreux décès seront à déplorer. En 1955, un accident de fabrication fera également quelques décès mais la campagne de vaccination est massive.

Du côté de la France, c’est Pierre Lépine, professeur à l’institut Pasteur, qui conçoit une variante du vaccin américain. En 1956, la campagne démarre et le vaccin devient obligatoire en 1964. Il est d’ailleurs toujours obligatoire même si aucun cas n’a été recensé depuis 1995 dans notre pays. Eradiquée depuis 2002 en Europe, elle l’est seulement depuis 2020 sur le continent africain. C’était d’ailleurs l’une des « bonnes nouvelles de 2020 ».

Le Livre « La Guerre des Vaccins » de Patrick Zylberman écrit en juin 2020 résume parfaitement la situation actuelle : Quand nous n’avons pas de vaccin, il le faut car les gens meurent mais quand le vaccin est là, il fait peur ! Il va falloir choisir et faire le bon choix rapidement !

https://www.youtube.com/watch?v=xQrh75AAWO8

La guerre des vaccins
  • Zylberman, Patrick (Author)

Nathalie Kleczinski

Mes sujets de prédilection sont l'écologie, l'environnement, les innovations solidaires et les actualités en général. J'espère que vous prendrez plaisir à me lire. Ma devise : "Carpe Diem" parce que la vie est trop courte et qu'il faut en savourer chaque instant.

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