Innovation

Des chercheurs britanniques veulent utiliser les déchets nucléaires pour fabriquer des batteries au diamant « inepuisables »

Des batteries qui peuvent produire indéfiniment de l’électricité ? Des scientifiques britanniques ont découvert comment développer une telle technologie : il suffit d’utiliser du diamant et des matières radioactives.

Alors que les centrales nucléaires commencent à fermer leurs portes les unes après les autres, un problème se pose : que faire des déchets radioactifs ? Au Royaume-Uni, des chercheurs de l’Université de Bristol ont trouvé un moyen de les recycler et les utiliser pour fabriquer des batteries. Les chercheurs ont eu l’idée d’extraire le carbone 14 (un isotope radioactif) des déchets nucléaires pour le transformer en électricité. Le résultat permettrait la création d’une toute nouvelle génération de batteries aux capacités d’alimentation « quasi-infinies. »

Cela fait des années que les chercheurs planchent sur le projet qui a été baptisé « Advanced Self-Powered sensor units in Intense Radiation Environments » (ASPIRE). Ils sont parvenus à créer un type de diamant qui est un composant clé de ces batteries nucléaires. Comme l’explique le professeur Tom Scott qui dirige les recherches, le diamant va permettre de contenir les rayonnements nucléaires et écarter tout risque d’empoisonnement radioactif.

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« En encapsulant des matières radioactives à l’intérieur de diamants, nous transformons un problème à long terme de déchets nucléaires en une batterie à propulsion nucléaire et en un approvisionnement à long terme d’énergie propre. » a indiqué le Pr Scott dans un communiqué. Il a également donné quelques détails concernant la technologie : le carbone 14 est extrait des blocs de graphite servant à soutenir les réactions dans les centrales nucléaires. L’isotope est ensuite mis dans le diamant qui possède la capacité de générer du courant électrique lorsqu’il se trouve à proximité immédiate de matières radioactives.

Le résultat donne lieu à des batteries non seulement durables mais également solides à toute épreuve. Si l’on en croit le Pr Scott, les « batteries nucléaires au diamant » seraient ultra-résistantes et peuvent fonctionner dans des environnements extrêmes. « Nous avons testé les batteries dans des endroits aussi extrêmes que le sommet d’un volcan. » a fièrement confié le chercheur qui est persuadé qu’à l’avenir, elles pourraient être utilisées pour alimenter les satellites envoyés dans l’espace.

Recycler les déchets radioactifs et produire de l’énergie

En attendant d’en arriver jusque-là, les batteries devraient permettre au Royaume-Uni de faire d’une pierre deux coups : recycler les déchets radioactifs et produire de l’énergie propre. « Cela réduirait la radioactivité du matériel restant, ce qui le rendrait plus facile et plus sûr à gérer. » s’est réjoui Tom Scott. « La majorité des centrales nucléaires britanniques devant être mises hors service dans les 10 à 15 prochaines années, cela représente une énorme opportunité de recycler une grande quantité de matière pour générer de l’énergie pour de nombreuses utilisations. » Il n’a cependant pas précisé pour quand la technologie sera prête.

Photo de couverture RTimages / Iakov Filimonov / Shutterstock

Via
newsweek.com
Source
bristol.ac.uk
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Andy RAKOTONDRABE

Il n’y a pas de réussites faciles ni d’échecs définitifs.

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