Innovation

Greenfluidics : du vitrage à micro-algues pour produire de l’énergie et absorber le CO2

Depuis des années, les chercheurs s'efforcent de trouver des sources d'énergie plus fiables et plus durables pour les bâtiments. C'est alors que des biopanneaux à microalgues ont été conçus par deux startups.

De nombreuses initiatives ont été lancées dans les quatre coins du monde afin de réduire les émissions de CO2 dues à l’utilisation de combustibles fossiles. Parmi elles, la culture de microalgues dans les bâtiments est une technique qui s’annonce à la fois intrigante et prometteuse. Le concept repose en général sur l’utilisation de panneaux où est renfermée de l’eau contenant des souches d’algues. Ces dernières vont absorber le CO2 et capter en même temps les rayonnements solaires pour produire de l’électricité et de la biomasse. C’est en se référant à ce même principe qu’a été créé le bâtiment résidentiel alimenté aux algues, baptisé « BIQ », ainsi que les biopanneaux Greenfluidics.

BIQ house, une construction passive et écologique

En 2013 Splitterwerk Architects et la société d’ingénierie Arup ont travaillé ensemble dans la construction d’un bâtiment avec une façade à bioréacteurs. Appelé BIQ, l’immeuble résidentiel est équipé de 129 panneaux de verre « bioskin » qui recouvrent une surface de 200 m². Chaque panneau renferme une culture de microalgues qui sert à produire de l’énergie renouvelable. Ce projet se présente comme une solution de construction écologique dans les espaces urbains.

Des panneaux à microalgues bioréacteurs
Des panneaux à microalgues bioréacteurs. Crédit photo : Greenfluidique

Des panneaux à microalgues bioréacteurs

Miguel Mayoga, PDG de la société Greenfluidics, a déclaré qu’il était important de mettre en œuvre des solutions pour un nouvel ordre mondial, dans lequel l’énergie fait partie d’une initiative plus vaste pour la préservation de la Terre. Ainsi, la start-up mexicaine a développé des panneaux à microalgues intégrant également des nanofluides. Ils capturent le CO2 afin de produire de l’électricité et de la biomasse. Chaque biopanneau permettrait de réduire les émissions de CO2 d’environ 200 kg par an. Par ailleurs, ces dispositifs sont biodégradables à 90 % et aideraient à créer un ombrage afin de réduire la consommation d’énergie engendrée par nos systèmes de climatisation en été. D’après les données fournies par Greenfluides, chaque panneau est capable de produire jusqu’à 328 kWh d’énergie par mètre carré par an.

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Une construction passive et écologique
Une construction passive et écologique. Crédit photo : Greenfluidique

Une conception ingénieuse

La technologie Greenfluidics génère de l’énergie tout en purifiant l’air. En effet, les biopanneaux absorbent les rayonnements du soleil et retiennent la chaleur dans les nanofluides. Cette chaleur, qui est collectée en circuit fermé, est par la suite transformée en énergie électrique grâce à un générateur thermoélectrique. Elle est également utilisée pour produire de la biomasse. Cette dernière est traitée pour devenir un biocarburant capable d’alimenter le circuit d’eau chaude du bâtiment.

“Le rayonnement solaire est concentré dans les nanofluides. Ces fluides sont constitués de nanoparticules de carbone et sont, par conséquent, organiques et recyclables. La conductivité thermique augmente lorsque les particules sont ajoutées à l’eau. La chaleur solaire concentrée du panneau est ensuite transformée par voie thermoélectrique en un courant électrique. Cela se traduit essentiellement par de l’électricité utile. D’autre part, des microalgues sont présentées dans un bioréacteur innovant. Les algues capturent le dioxyde de carbone et le transforment en oxygène.” Miguel Mayorga, PDG de Greenfluidics sur Mexico Business News

Grâce à leur forme triangulaire et leur aspect avant-gardiste, les panneaux à microalgues peuvent être installés sur les façades d’une maison ou sur le toit. Étant donné qu’ils sont transparents, ils peuvent également recouvrir les fenêtres. Le seul bémol est pour l’instant leur coût de fabrication, qui est largement supérieur à celui des panneaux solaires classiques.

Marc Odilon

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