Innovation

Le spray nasal contre la dépression autorisé pour des tests sur l’Homme

Des chercheurs japonais avaient mis au point un spray nasal qui permettrait de lutter contre la dépression de manière moins invasive qu'un traitement chimique. Ce spray vient d'être autorisé à des tests sur l'Homme !

Selon la « fondation fondamentale», la dépression affecte 2,5 millions de Français chaque année. On considère ainsi qu’environ 16-17% des individus présenteront au moins un épisode dépressif au cours de leur existence; c’est donc une maladie à ne pas prendre à la légère. Mais elle se soigne difficilement, à base d’anti-dépresseurs, qui sur le long terme, peuvent facilement provoquer une dépendance.

Pour tenter de prévenir cette maladie, plusieurs équipes scientifiques dans le monde tentent de mettre au point des sprays nasaux. Ces sprays seraient un système de traitement moins intrusif que les médicaments, et permettraient surtout de prévenir plutôt que de guérir. L’équipe de recherches de l’Université d’Osaka au Japon vient de recevoir l’autorisation d’effectuer des tests cliniques sur l’Homme. Et c’est une excellente nouvelle !

Quel est ce spray anti-dépression ?

Dans un article daté de novembre 2021, nous vous expliquions que ce spray nasal pourrait bientôt être validé par les autorités japonaises; les chercheurs s’étaient concentrés sur l’épithélium respiratoire qui représente 98% des muqueuses nasales. Jouant le rôle de messager chimique vers le cerveau, il fallait tenter de préserver le spray pour qu’il atteigne sa destination finale. Par ailleurs, le spray japonais combine un antibiotique et un anti-oxydant déjà connu, et les essais humains devraient ne présenter aucun risque.

Les tests précliniques ont convaincu

Prévenir la neurodégénérescence liée à la démence était le cheval de bataille de l’équipe japonaise. Les tests précliniques qu’ils ont réalisés montrent des résultats sur plusieurs formes de démence. Dans une nouvelle étude publiée le 13 décembre dernier dans la revue Frontiers in Neuroscience, les chercheurs donnent des détails sur le spray en question.

Il s’agit en fait d’un spray à base de l’antibiotique rifampicine, déjà utilisé dans le traitement de la maladie d’Alzheimer: cette substance permet de réduire l’accumulation de protéines toxiques déjà connues pour être un terrain de développement de la maladie.

Après plusieurs essais sur des souris, la recherche a montré que cet antibiotique pouvait prévenir la neurodégénérescence. Cependant, ses effets secondaires sur le foie ne permettaient pas d’administrer la rifampicine à long terme sous sa forme actuelle.

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Un spray pour minimiser les effets secondaires ?

Après ces constatations, les chercheurs se sont donc concentrés sur l’administration de la rifampicine d’une autre manière… Une façon qui permettrait qu’elle atteigne directement le cerveau, sans qu’elle ne provoque les effets secondaires connus sur le foie. Les essais suivants ont prouvé qu’en étant administrée par le nez, cet antibiotique ne provoquait plus les dits effets. Mais, également qu’il « montait » directement vers le siège des protéines dites toxiques, le cerveau.

« Pour garantir davantage la sécurité de la rifampicine nasale, nous avons émis l’hypothèse que les actions indésirables de la rifampicine pourraient être contrariées par d’autres composés ».

A la rifampicine, les chercheurs ont ajouté un antioxydant naturel: le resvératrol. On retrouve cet antioxydant dans le chocolat noir ou le vin rouge. Les scientifiques savaient qu’il possédait des propriétés anti-âge uniques. En combinant ces deux traitements déjà connus, ils ont pu créer un spray nasal qui pourrait empêcher l’apparition de ces maladies, ou du moins en ralentir la progression.

Les premiers résultats concluants

Pour réaliser les premiers tests, les chercheurs ont administré leur spray cinq fois par semaine sur des modèles murins (souris ou rat) par voie nasale. Les premiers résultats ont montré que la thérapie améliorait la cognition des souris en bloquant l’accumulation des protéines toxiques sur le cerveau.

Le traitement n’a par ailleurs déclenché aucun signe de lésion hépatique alors qu’en administration classique, elles sont présentes. De plus, l’administration par voie nasale permettrait d’administrer 0.081 mg/kg/jour contre 10 mg/kg/jour par voie classique.

Les essais cliniques seront réalisés par Medilabo RFP, une société créée par l’équipe de scientifiques à l’origine de ces découvertes. Les Etats-Unis et le Japon seront les premiers pays à accueillir ces tests. Et c’est un véritable espoir pour tous les malades !

Source
Newatlas.com

Nathalie Kleczinski

Mes sujets de prédilection sont l'écologie, l'environnement, les innovations solidaires et les actualités en général. J'espère que vous prendrez plaisir à me lire. Ma devise : "Carpe Diem" parce que la vie est trop courte et qu'il faut en savourer chaque instant.

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