Aérospatiale

Mission DART : la NASA veut utiliser un vaisseau “bélier” pour dévier un astéroïde

Dans le cadre de la mission DART, la NASA prévoit de faire entrer en collision un engin spatial avec la lune de l'astéroïde Didymos. L’opération aura lieu ce mois-ci. Il s’agit d’un essai visant à évaluer notre capacité à dévier la trajectoire d’un corps céleste qui pourrait constituer une menace pour notre planète.

Les astéroïdes sont des corps rocheux qui orbitent en général autour d’un astre comme le Soleil et restent confinés au sein d’une ceinture. Cependant, il arrive parfois que certains sortent de cette zone pour changer de trajectoire et devenir ainsi un danger potentiel pour la Terre. Pour faire face à ce genre de situation, la NASA a mis en place la mission DART. Celle-ci entre dans le cadre d’une collaboration internationale qui vise à protéger notre planète de futurs impacts.

Un projet à des fins de test

La fusée SpaceX Falcon 9 transportant le vaisseau spatial de la mission DART (Double Asteroid Redirection Test) a quitté la Terre le 24 novembre 2021. L’engin est censé impacter la lune de l’astéroïde Didymos le 26 septembre prochain. Il convient de noter que cet astre ne représente aucun danger pour la Terre. Le programme DART vise seulement à tester l’efficacité d’un dispositif de défense planétaire dans le cas où une menace future se présenterait.

Où en est la mission ?

Actuellement, l’engin spatial de la mission DART se dirige vers la lune de Didymos connue sous le nom de Dimorphos. Récemment, il a réussi à avoir un aperçu de sa cible grâce à la caméra de navigation DRACO (Didymos Reconnaissance and Asteroid Camera for Optical). L’image a été prise à une distance d’environ 20 millions de kilomètres par rapport à l’astéroïde. Selon la NASA, le vaisseau effectuera une dernière manœuvre le 25 septembre. Ladite manœuvre sera encore contrôlée par l’équipe de navigation.

Cette image de la lumière de l'astéroïde Didymos et de sa lune orbitale Dimorphos est un composite de 243 images prises par la caméra de reconnaissance et d'astéroïde Didymos pour la navigation optique (DRACO) le 27 juillet 2022.
Cette image de la lumière de l’astéroïde Didymos et de sa lune orbitale Dimorphos est un composite de 243 images prises par la caméra de reconnaissance et d’astéroïde Didymos pour la navigation optique (DRACO) le 27 juillet 2022.
Crédits photo : Équipe de navigation DART de la NASA JPL

Mais une fois que Dimorphos se trouvera dans un rayon d’à peu près deux kilomètres,  l’appareil ajustera sa trajectoire de manière autonome jusqu’à la collision. Il devrait frapper sa cible à plus de 24 000 km/h, ce qui permettrait de tester la théorie de l’impacteur cinétique. « Le but d’un impacteur cinétique est d’enfoncer un vaisseau spatial dans un astéroïde cible, puis de modifier son orbite autour du Soleil », a expliqué Andy Rivkin, astronome au Johns Hopkins Applied Physics Laboratory.

“La qualité de l’image est similaire à celle que nous pourrions obtenir à partir de télescopes terrestres, mais il est important de montrer que DRACO fonctionne correctement et peut voir sa cible afin d’effectuer les ajustements nécessaires avant que nous commencions à utiliser les images pour guider l’engin spatial vers l’astéroïde de manière autonome (…) En voyant les images DRACO de Didymos pour la première fois, nous pouvons déterminer les meilleurs réglages pour le DRACO et affiner le logiciel (…) En septembre, nous affinerons l’orientation du DART en obtenant une détermination plus précise de la position de Didymos.” Julie Bellerose, responsable de la navigation DART au Jet Propulsion Laboratory de la NASA à Pasadena, en Californie.

Une première

D’après la NASA, l’impact accélérera d’environ 1 % la vitesse d’orbite de Dimorphos autour de Didymos. Ce chiffre parait insignifiant, mais l’impact devrait changer la période orbitale de la lune de l’astéroïde de quelques minutes. Si tout se passe comme prévu, ce sera la première fois que l’homme réussit à modifier la dynamique d’un corps céleste situé dans le système solaire, et ce, de manière mesurable. Cette mission constituerait alors un grand pas vers le développement d’une technologie de déviation d’astéroïdes.

À LIRE AUSSI :  Et si cet astéroïde (et quasi-satellite de la Terre) était un morceau perdu de la Lune ?

Source
futurism.com

Marc Odilon

Tout ce qui touche de près ou de loin à l'High-tech me fascine !

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