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Ce décret va-t-il vraiment autoriser la privatisation des routes nationales ?

Un décret du 14 août dernier ouvre la cession de partie de routes nationales aux sociétés d'autoroutes ? Est-ce un moyen pour l'Etat d'économiser de l'argent ou un moyen de les rendre payantes pour les usagers ?

Depuis plusieurs mois, une rumeur circule. Les routes nationales pourraient devenir des sections à péage ! Politiquement des députés comme Jean Luc Mélenchon (LFI) s’insurgent contre la privatisation des routes nationales. Si l’Etat dément vouloir privatiser les routes nationales, le décret publié ouvre bien la voie à cette alternative.

Mais seulement dans quelques cas particuliers. Les sociétés d’autoroute semblent quant à elles intéressées dans tous les sens du terme à cette opportunité ! Pour ces sociétés il serait nécessaire d’investir hors du réseau autoroutier. Certes le réseau routier national n’est plus ce qu’il était, la dégradation se fait tristement sentir, mais faut-il pour autant les rendre payantes ?

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Légalement et depuis le 14 août, il est légalement possible de classer certaines portions de route comme autoroute. Par exemple ce pourrait être le cas de la fameuse francilienne (N104) car elle est située « dans le prolongement direct d’une voie bénéficiant déjà d’un statut autoroutier ». Cela concernerait donc uniquement les tronçons qui donnent accès au réseau autoroutier.

L’Etat dément mais pourtant !

Le décret a été signé par Jean Castex, premier ministre et Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’état aux Transports. Et avec la crise de la Covid actuelle, il est passé inaperçu ou presque ! Concrètement, cela permettrait donc à l’Etat et aux régions de ne pas avoir à entretenir ces portions qui deviendraient privées. 40% des chaussées françaises seraient à renouveler soit un coût d’1 milliard d’euros sur 10 ans. En privatisant ces portions, l’Etat transfèrerait donc ces coûts sur des entreprises privées.

Selon le gouvernement, ce décret ne ferait que confirmer la loi déjà en vigueur qui laisse au réseau autoroutier, la gestion des « derniers kilomètres avant autoroute ».

Il reste cependant à définir le nombre de kilomètres avant autoroute et évidemment l’épineuse question du péage. Serait-ce un moyen d’avancer de quelques kilomètres les barrières de péage et de les augmenter du coup ? Les routes nationales deviendraient-elles des sections à péage ? On est en droit de s’en inquiéter !

Photo d’illustration De Grisha Bruev / Shutterstock

Nathalie Kleczinski

Mes sujets de prédilection sont l'écologie, l'environnement, les innovations solidaires et les actualités en général. J'espère que vous prendrez plaisir à me lire. Ma devise : "Carpe Diem" parce que la vie est trop courte et qu'il faut en savourer chaque instant.

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