Environnement

Des chercheurs ont créé une super-enzyme capable de « dévorer » le plastique en quelques heures

Des scientifiques britanniques ont mis au point une forme d’enzyme qui peut dégrader le plastique en quelques heures. Cette nouvelle bactérie, modifiée à partir d’un micro organisme découvert par des chercheurs français, devrait permettre de réduire la pollution des océans et de la planète entière.

Le plastique est l’une des matières les plus polluantes sur Terre. Pire encore, elle se décompose très lentement. Les bouteilles en plastique mettent par exemple entre 100 et 1000 ans pour se transformer en matière organique, contre 400 ans pour les sacs en plastique et 1000 ans pour le polystyrène.

Heureusement, grâce à la science, il est possible de réduire ce délai. Des chercheurs de l’université de Portsmouth, au Royaume-Uni, viennent justement d’annoncer avoir créé une super-enzyme qui peut « manger » le plastique en quelques heures.

Des bactéries pour accélérer la décomposition du plastique

En réalité, la super-enzyme est née grâce à la modification d’un micro-organisme découvert par des chercheurs français en 2018. Avec cette version encore plus récente de la bactérie, les scientifiques promettent une réduction plus conséquente du temps de dégradation du plastique. D’après ses créateurs, la super-enzyme est capable de dévorer une telle matière six fois plus rapidement qu’une enzyme classique.

Il faut savoir que l’enzyme qui a été créée deux ans plus tôt par Carbios, une entreprise française de chimie biologique basée à Saint-Beauzire en Auvergne, avait ses limites malgré sa capacité à dégrader le plastique en seulement 10 heures. Les bactéries devaient effectivement être répandues dans un environnement doté d’une température ambiante de 70 °C.

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Une super-enzyme qui convient aux endroits frais

De son côté, l’enzyme nouvellement créée peut réaliser son travail dans un lieu dont la température est plus ou moins identique à celle d’une pièce de maison. La super-enzyme a vu le jour grâce à la combinaison de deux enzymes distinctes découvertes au Japon en 2016, dans un site de décharge de déchets.

« Lorsque nous avons associés les deux enzymes, de manière plutôt inattendue, nous avons obtenu une augmentation spectaculaire de l’activité », a déclaré le professeur John McGeehan, de l’université de Portsmouth, rapporté par The Guardian. « C’est un pas vers la fabrication d’enzymes plus rapides et plus pertinentes sur le plan industriel », a-t-il ajouté.

McGeehan souhaite entrer en collaboration avec des sociétés telles que Carbios afin d’accélérer le déploiement de la solution et contribuer ainsi à la préservation de la planète. À ce sujet, il espère un lancement commercial d’ici deux ans. Reste à savoir si l’utilisation de cette super-enzyme ne présentera pas des dangers pour l’homme et la nature.

Photo d’illustration Roman Mikhailiuk / Shutterstock

Marc Odilon

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