Environnement

Frelon asiatique : des chercheurs décortiquent le génome du Vespa Velutina pour mieux le « comprendre »

Une équipe de scientifiques britanniques a séquencé les génomes de deux espèces de frelons (européens et asiatiques). Cette étude vise à comprendre ce qui les rend si efficaces lors de leur invasion dans de nouveaux environnements.

Les frelons sont de redoutables prédateurs pour les insectes tels que les abeilles et les syrphes. Ces guêpes sociales sont de grandes espèces envahissantes et dévastatrices. Leur expansion s’avère très rapide. Ils ont déjà colonisé presque toute la France et d’autres pays européens tels que l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal, etc. Actuellement, leur impact sur les écosystèmes indigènes et sur la production apicole est inquiétant. C’est pourquoi des scientifiques ont effectué une recherche afin de comprendre les éléments qui font le succès de ces insectes invasifs. En effet, ils ont séquencé les génomes du Vespa Crabo et du Vespa Velutina. Selon eux, les données biologiques recueillies pourraient aider à gérer leur expansion. À travers cet article, nous vous proposons d’en apprendre plus sur cette étude.

Les génomes des guêpes sociales publiés auparavant

Les espèces de guêpes sociales répertoriées sont au nombre de 1 200 aujourd’hui. Il existe notamment les Vespidae, qui sont parmi les plus connues, les Polistinae et les Stenogastrinae. Ces différentes espèces ont une grande variété de caractéristiques biologiques et écologiques. Par exemple, une colonie de Sténogastrinae est composée de moins de dix individus. En revanche, celle de Vespule comprend des dizaines de milliers d’ouvrières. Une colonie de Metapolybia compte plusieurs reines reproductrices, tandis que celle de Vespa Crabo n’en a qu’une. Pour les guêpes polygynes, les hiérarchies reproductives sont régulées par des critères tels que l’agressivité, la taille ou l’âge des reines.

Distribution du frelon asiatique (Vespa Velutina) au 22/02/2023
Distribution du frelon asiatique (Vespa Velutina) au 22/02/2023. Crédit photo : Q. Rome – MNHN-INPN

En effet, le mode de vie de ces différentes espèces est étroitement lié à leur génome. Notons que le premier génome de guêpe étudié est celui du Poliste Canadensis. Il a été publié en 2015. Puis, une autre équipe de scientifiques a révélé celui de la guêpe cartonnière européenne, appelée Poliste Dominula. Aujourd’hui, on compte quelques génomes séquencés pour neuf espèces vespines et sept polistines. Les séquences génomiques de ces insectes évoluent. Toutefois, on constate le manque de mise à jour des études scientifiques les concernant. Cela touche notamment les Vespa, dont les frelons européen et asiatique. Heureusement, cette étude effectuée par les chercheurs de l’University College London se concentre sur ces deux espèces.

Une évolution rapide de certains gènes chez les frelons étudiés

Ces frelons envahissants étendent rapidement leur aire de répartition et parviennent à s’adapter facilement à de nouveaux environnements. Pourquoi un tel succès ? C’est la question que ces scientifiques britanniques veulent résoudre à l’issue de leur travail. Ils ont analysé les séquences génomiques du Vespa Crabo et du Vespa Velutina. Par définition, une séquence du génome correspond à un code génétique qui caractérise une espèce. Un expert peut comparer les génomes de différentes espèces afin d’obtenir une vue d’ensemble sur leur biologie, notamment leur comportement, leur interaction avec l’environnement et leur évolution.

Un frelon européen à gauche et un frelon asiatique à droite.
Un frelon européen à gauche et un frelon asiatique à droite. Photo d’illustration non contractuelle. Crédit : Shutterstock

Dans cette recherche, les scientifiques ont comparé les séquences génomiques de ces deux frelons avec celle du frelon géant du Nord (Guêpe mandarine). Ils ont analysé les différences entre ces trois espèces apparentées. Ainsi, ils ont découvert des gènes qui ont connu une évolution rapide depuis que ces frelons se sont distingués des autres guêpes sociales. Parmi ces gènes, ceux qui sont impliqués dans la communication et l’olfaction ont grandement évolué. Ce changement explique peut-être la capacité de ces insectes à s’établir aisément dans des régions non indigènes, selon le professeur Seirian Sumner de l’UCL. Plus d’informations : Scientific Reports


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Source
sci.news

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