Une solution cocasse mais très efficace pour réduire les émissions des bateaux cargos de 17,3 %

Cette solution un peu particulière proposée par Blue Visby permettrait de réduire considérablement l’empreinte carbone des navires marchands, sans qu’il soit nécessaire de les modifier : une navigation à vitesse lente et un ajustement de planning via un logiciel… Découvrez tous les détails !

À l’échelle mondiale, le transport maritime représente près de 3 % des émissions de gaz à effet de serre. Il émet environ un milliard de tonnes de CO₂ par an, selon l’Organisation maritime internationale, incitant celle-ci à adopter des mesures drastiques afin de décarboner ce secteur et mettre en place l’objectif d’émissions nettes nulles « d’ici ou aux alentours de 2050 ». Actuellement, différents types de solutions technologiques sont développés : centrales à hydrogène, rotors Flettner, oscillateurs de soulèvement, ailes de kite géantes, cerfs-volants de traction géants, etc. Pour le consortium Blue Visby, il existe une solution simple et efficace qui peut grandement réduire l’empreinte carbone des navires commerciaux, à savoir bannir la pratique opérationnelle « Naviguez vite, puis attendez ».

Quelle est cette solution un peu particulière ?

Blue Visby incite les cargos à naviguer lentement et arriver juste à temps. Au lieu de naviguer rapidement et attendre pendant une durée relativement longue, tout en continuant à brûler du carburant, avant d’accoster et de charger ou décharger leur cargaison. Selon eux, les navires de commerce passent environ 8 % de leur temps au ralenti au mouillage, à l’extérieur du port, parce qu’ils adoptent cette pratique opérationnelle dite « Sail Fast, Then Wait (SFTW) ». « La décarbonisation est inaccessible sans efficacité énergétique, et l’efficacité énergétique est impossible si les navires continuent de naviguer vite, puis d’attendre », déclarent Haris Zografakis et Pekka Pakkanen, coordonnateurs du Blue Visby, dans un communiqué de presse. Leur solution est simple : faire des économies de carburant et réduire considérablement les émissions de CO₂ en étant plus intelligent en matière de vitesse et de timing. Notons que la Blue Visby Solution (BVS) utilise une technologie numérique pour dire aux navires de ralentir pour qu’ils arrivent au port, à l’heure. Le consortium a expliqué que celle-ci combine la technologie avec des traditions maritimes établies de longue date en matière de partage des coûts, de collaboration et de mutualité.

Se diriger vers une navigation raisonnée et cesser le « naviguer vite et attendre ».
Se diriger vers une navigation raisonnée et cesser le « naviguer vite et attendre ». Photo d’illustration non contractuelle. Crédit : Shutterstock

Les avantages de la BVS

Hormis la réduction des émissions de GES, la BVS offre d’autres intérêts. La pollution sonore sous-marine et le risque de collisions avec les baleines sont considérablement réduits, ainsi que l’encrassement de la coque, améliorant l’efficacité opérationnelle des navires. En outre, il y aurait moins de collisions et de perte d’ancre dans les mouillages très fréquentés et la qualité de l’air à l’extérieur des ports serait moins pollué. Pour les navires, naviguer à une vitesse plus lente permet de réduire la traînée hydrodynamique et, par conséquent, d’économiser du carburant. Blue Visby a également affirmé que le consortium a créé une architecture contractuelle visant à partager les coûts et les bénéfices. Ils ont déclaré que c’est un système gagnant-gagnant pour tous les participants (armateurs, affréteurs, transporteurs…), et « une solution dont les avantages continueront de s’accroître à mesure que d’autres technologies de décarbonation s’implanteront ».

Des essais et des études à l’appui

Blue Visby allègue que tous les composants de la BVS ont été testés, aussi bien les contrats que les logiciels, les opérations et le mécanisme de partage des bénéfices, et les résultats sont prometteurs. Des essais avaient été effectués avec le M/V Gerdt Oldendorff et le M/V Begonia, lors de leurs voyages vers l’Australie. D’après eux, le premier vraquier a enregistré une réduction d’émission de CO₂ estimée à 28,2 %, par rapport à un usage normal ; tandis que le second a enregistré une diminution de 12,9 %. En 2022, le consortium a également étudié les mouvements de 3 651 navires Panamax, effectuant 20 580 voyages, et selon leur estimation, les ajustements de calendrier pourraient réduire les émissions d’un taux médian de 23,2 %, sans affecter les résultats pour les clients.

La méthode envisagée par Blue Visby Solution pourrait réduire les émissions du transport maritime de 23,2 %.
La méthode envisagée par Blue Visby Solution pourrait réduire les émissions du transport maritime de 23,2 %. Photo d’illustration non contractuelle. Crédit : Shutterstock

« Nous nous réjouissons de voir les résultats des premiers essais […] Même si le programme pilote virtuel et les essais de prototypes se poursuivront dans les mois à venir, nous sommes sur la bonne voie pour un déploiement commercial », a souligné Christian Wounlund, PDG de Blue Visby. Plus d’informations : bluevisby.com. Une idée simple qui découle du bon sens, vous ne trouvez pas ? Je vous invite à nous donner votre avis, vos remarques ou nous remonter une erreur dans le texte, cliquez ici pour publier un commentaire .

Plus de 900 000 abonnés nous suivent sur les réseaux, pourquoi pas vous ?
Abonnez-vous à notre Newsletter et suivez-nous sur Google Actualité et sur WhatsApp pour ne manquer aucune invention et innovation !
Source
imo.org/frbluevisby.com

Raharisoa Saholy Tiana

Je m’appelle Tiana et je suis journaliste professionnelle. J’ai une affinité particulière pour les sujets d’actualités et sur tout ce qui a trait à l’environnement, à l’innovation et au lifestyle. Depuis plusieurs années, j’ai couvert un large éventail de sujets liés entre autres aux questions environnementales et aux nouvelles technologies. Chez Neozone, j’interviens pour vous faire découvrir ces sujets fascinants, qui peuvent apporter de grands changements dans la société et qui méritent d’être mis en lumière. De nature curieuse et créative, j’ai toujours voulu devenir une journaliste web francophone. Après avoir obtenu mon diplôme de maîtrise en droit privé à l'université d’Antananarivo, j’ai décidé de me former aux métiers de la rédaction. J’ai commencé dans une agence web locale, avant de me lancer dans le « freelancing ». Cela fait plus de 10 ans que j’évolue dans ce secteur, en collaborant notamment avec de nombreuses agences et sites internationaux. Cette citation de Léon Trotsky m’inspire et me motive au quotidien : « La persévérance, c'est ce qui rend l'impossible possible, le possible probable et le probable réalisé. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Bouton retour en haut de la page