Cette année, Nintendo a déclaré la guerre aux sites proposant (illégalement) des roms et des ISOs en libre téléchargement. Mais depuis quelques semaines, la marque nippone est véritablement passée à l’offensive. Après avoir attaqué le propriétaire des sites LoveROMS et LoveRETRO, lui réclamant la bagatelle de 100 millions de dollars de dommages et intérêts, c’est au tour du célèbre site EmuParadise d’être dans le viseur de BigN…

EMUPARADISE ABANDONNE

Pendant près de 20 ans, EmuParadise a été le lieu de prédilection de nombreux nostalgiques et collectionneurs en quête de jeux rétro. Il faut dire qu’avec leur impressionnante collection de ROM et de fichiers ISO (= jeux sur CD) allant de l’Atari à la Wii, la PSP… le choix était plus que vaste. Mais c’est désormais du passé.

Le créateur du site a récemment publié un communiqué officiel intitulé “EmuParadise est en train de changer…”. Pour vous la faire courte et ne pas vous faire languir plus longtemps : le site n’hébergera désormais plus aucun jeu. Voici un extrait :

Cela ne vaut pas la peine pour nous de risquer des conséquences potentiellement désastreuses. Je ne peux pas en toute conscience risquer l’avenir de nos membres de l’équipe qui ont contribué au site au fil des années. Nous avons créé EmuParadise pour l’amour des jeux rétro et pour que vous puissiez revisiter ces bons moments. Malheureusement, il est actuellement impossible de le faire de manière à rendre tout le monde heureux sans éviter de graves problèmes… Vous ne pourrez donc plus trouver vos jeux ici désormais…” 

Notons que l’annonce d’EmuParadise ne dit pas un mot sur une éventuelle requête de Nintendo, comme étant la raison de la suppression de tous les jeux du site. Mais ça ne serait pas une première pour le site, qui a déjà eu à faire à Big N par le passé. En effet, en juin 2017, tous les titres de Nintendo avaient été retirés de la bibliothèque d’EmuParadise.

Mais impossible de ne pas faire un lien avec le climat actuel : deux fermetures récentes (LoveROMS et LoveRETRO), mais aussi le retrait d’un émulateur GameBoy Advance en ligne de GitHub, il ne serait pas surprenant que Nintendo ait joué un rôle dans cette nouvelle disparition.

N’oublions pas quand même que le site proposait -certes librement et gratuitement- des roms, mais surtout totalement illégalement, enfreignant ouvertement au passage les lois sur les droits d’auteur. Sans compter que EmuParadise se finançait par de la vente d’espaces publicitaire sur son site. Autant dire que Nintendo avait un boulevard devant lui pour lancer toute action qu’il jugeait utile…

LA FIN DE L’ÉMULATION ?

Pas du tout ! D’autres sources existent toujours, et il faut dire que l’offre de téléchargement a largement évolué ces dernières années. Les roms s’échangent désormais beaucoup plus par pack de “fullset” (= intégrale des jeux sortis sur une console) contrairement à EmuParadise qui les proposait plus “jeu par jeu”, et surtout de manière décentralisée, notamment sur des groupes Facebook, Discord ou encore plus simplement sur des chaines/vidéos YouTube. Cependant, c’est un coup fatal pour EmuParadise, qui était connu et réputé pour la largeur, la profondeur et la qualité de sa base de données.

UN TIMING PARFAIT POUR NINTENDO

Comment ne pas lier toutes ces récentes fermetures avec l’arrivée du nouveau service de Nintendo “Switch Online” ? Lancé le mois prochain (septembre 2018), il inclura une plateforme de téléchargement de jeux rétro, le successeur de la console virtuelle en quelque sorte. Bien que seule une poignée de jeux NES ait été annoncée à ce jour, il ne serait probablement pas exagéré d’imaginer que Nintendo pourrait avoir de plus gros projets pour ce nouveau service…

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