Environnement

Pollution plastique : la brise marine serait peut-être chargée de microplastique

L’air marin n’est peut-être pas aussi pur et frais qu’il n’y parait. Selon de récentes recherches, l’océan rejette des fines particules de plastique dans l’atmosphère.

La pollution marine a des effets beaucoup plus négatifs qu’on ne le croit, non seulement sur l’environnement, mais aussi sur la santé. C’est en tout cas ce qu’une équipe internationale de chercheurs a découvert. Dans un article publié dans la revue PLOS ONE, ils ont dévoilé que l’air marin serait en fait chargé de microplastique.

L’océan rejette le microplastique dans l’atmosphère : Le terme « microplastique » désigne de minuscules particules qui proviennent des restes broyés des bouteilles et sacs en plastiques mais aussi des fibres de vêtements synthétiques comme le polyester. L’océan en est complètement gorgé, avec tous les déchets plastiques qui s’y déversent. Longtemps, les chercheurs avaient pensé qu’ils restaient dans les fonds marins et qu’ils ne représentent de danger que pour l’écosystème marin.

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Eh bien, ils avaient en fait tout faux ! Les récentes découvertes citées plus tôt démontrent que ces particules sont activement rejetées dans l’atmosphère par des « bulles océaniques » mais aussi lorsque des vagues s’écrasent contre le rivage.

Des expériences qui en disent long

Les recherches ont été menées par Steve et Deonie Allen, un couple de chercheurs en microplastique à l’Université de Strathclyde, en Ecosse. Avec leurs collègues, ils se sont rendus du côté du golfe de Gascogne pour collecter des particules microplastiques dans l’air ambiant. Pour ce faire, ils ont utilisé deux types de collecteurs : un pour extraire les particules des gouttelettes d’eau composant la brise, un autre pour filtrer l’air sec des vents terrestres.

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Résultat, ils ont trouvé beaucoup de microplastique dans l’air ambiant : environ 19 particules par mètre cube. Ce n’est que la tête de l’iceberg si l’on en croit le couple Allen. Ils estiment qu’à l’échelle mondiale, l’océan rejetterait chaque année 136 000 tonnes de microplastique dans l’air marin qui est ensuite soufflé sur Terre.

Microplastique dans l’océan, un phénomène complexe

La pollution plastique est un véritable fléau qui touche davantage l’océan, avec près de 8 millions de tonnes de déchets qui y sont déversées chaque année. Pour ce qui est du microplastique, Ian Kane de l’Université de Manchester, expert des microplastiques n’ayant pas participé à l’étude, explique que le cycle de pollution microplastique est beaucoup plus complexe qu’il n’y parait :

« Des études antérieures ont montré que les plastiques et les microplastiques peuvent être lavés à terre des océans et que les plastiques plus gros peuvent être soufflés à terre. Il s’agit de la première étude à montrer que les embruns peuvent libérer des microplastiques de l’océan. »

Bonne ou mauvaise nouvelle ?

Lorsqu’ils sont rejetés dans l’atmosphère, les microplastiques « ensemencent » les nuages… or contre toute attente, un tel phénomène pourrait être bénéfique pour notre planète. Comme l’explique Steve Allen : « S’il y en a assez, cela peut changer la taille du nuage ainsi que l’albédo du nuage. » Pour faire clair, plus les nuages sont gorgés de microplastiques, plus ils peuvent alors renvoyer l’énergie solaire dans l’espace, ce qui va contribuer à faire baisser la température. « Cela aura donc un effet positif pour nous sur le changement climatique. »

D’un autre côté, ce phénomène pourrait complètement chambouler les cycles des pluies et précipitations. Steve Allen explique que les microplastiques vont « recueillir l’humidité qui est dans l’air, » cela pourrait alors empêcher la formation de pluie.

« Cette pluie peut se déplacer ailleurs. Nous aurions donc de la pluie quelque part où elle n’appartient pas, et nous n’avons pas de pluie là où nous en avons besoin. »

Enfin, un autre problème de taille pourrait être d’origine sanitaire : dans le cas où les particules microplastiques sont vraiment minuscules et légères, elles pourraient s’infiltrer dans les tissus humains et les organes, en apportant avec elles des produits chimiques, déchets biologiques et agents pathogènes. Il ne s’agit pour l’instant que de simples spéculations et le couple Allen poursuit activement ses recherches pour en savoir plus.

Photo d’illustration De alybaba / Shutterstock

Via
Wired
Source
Journals Plos
Tags

Andy RAKOTONDRABE

Il n’y a pas de réussites faciles ni d’échecs définitifs.

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