Environnement

Le béton à base de pneus recyclés serait plus léger, ductile et offrirait une meilleure isolation acoustique et thermique

Le béton CRC, produit à base de miettes de pneus, est connu en laboratoire, mais des chercheurs viennent de réaliser une nouvelle étude en conditions réelles d'utilisation, et les conclusions s'avèrent intéressantes.

Il est un matériau qui devient une cible de choix en matière d’innovation, et c’est bien du béton dont il s’agit. Rappelons qu’il est la source d’environ 7 à 8% des émissions mondiales de CO2, soit plus que le transport aérien. Enfin, c’est plutôt le ciment qui le compose, avec une empreinte carbone élevée. Ce qui en fait un terrain de recherche parfait pour celles et ceux qui veulent développer un béton aussi solide que le classique, mais beaucoup moins polluant. Le béton de caoutchouc émietté (CRC) fabriqué avec de vieux pneus est une technique qui commence à se démocratiser. Mais est-il vraiment aussi solide et moins polluant que le béton classique ? Des chercheurs de l’université d’Australie-Méridionale et de l’Université RMIT de Melbourne ont donc décidé de le tester dans un matériau, passant ainsi du laboratoire à la dalle… Décryptage.

Le béton avec des miettes de pneu, c’est quoi ?

Ce type de béton a déjà fait l’objet de plusieurs études. Il est connu sous le nom de CRC (béton de caoutchouc émietté). Pour le produire, les fabricants ajoutent donc, en remplacement d’une fraction de sable, des miettes de pneus recyclés. Les autres composants restent l’eau et le ciment, mais cela diminue donc la consommation de sable, et permet de recycler du caoutchouc.

Une coulée de bêton
Photo d’illustration. Crédit : Shutterstock – Sketchart

L’étude des scientifiques sur le CRC

Si le processus est bien connu, ce béton n’avait été testé qu’en laboratoire… Pour l’étudier de manière pratique et fonctionnelle, les scientifiques australiens ont coulé deux dalles de béton à base de CRC, et deux dalles de béton conventionnelles durant l’année 2018. Les dalles construites ont été placées dans un lieu de grand passage : l’entrée du laboratoire. Les équipes ont ensuite analysé chacune des dalles pendant 4 ans, pour en tirer certaines conclusions. Le CRC avait déjà fait ses preuves en laboratoire, mais qu’en est-il dans l’usage réel ?

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Les résultats de cette étude

Après quatre ans d’analyses en tous genres, le scientifiques sont parvenus à cette conclusion : “Les résultats montrent clairement que le ciment de caoutchouc émietté est une alternative viable et prometteuse au béton conventionnel sur le marché du béton résidentiel“. Concrètement le béton CRC fabriqué avec 20% de volume de sable en moins, et avec des miettes de pneus, serait plus résistant aux chocs et plus rigide. Il aurait aussi une capacité de ductilité (à se déformer) plus élevée, une meilleure isolation acoustique et thermique et serait enfin plus léger que le béton conventionnel… Cette dernière qualité étant plutôt logique puisque le caoutchouc est plus léger que le sable ! Ces différents facteurs sont de très bon augure pour le domaine de la construction, car la fabrication du béton émet beaucoup de carbone. Qui plus est, lorsque ce béton là se fissure, il faut souvent tout remplacer, il est quasiment impossible à réparer.

La recommandation des chercheurs

Les chercheurs australiens recommandent donc fortement l’utilisation de ce béton CRC pour toutes les constructions résidentielles : chappes, sols, terrasses, afin de préserver les ressources en sable, de recycler les vieux pneumatiques, pour finalement obtenir un matériau de qualité supérieure… Le combo parfait apparemment ! Ne serait-ce pas là un bon moyen de réduire l’impact carbone du secteur du BTP et de recycler les tonnes de pneus qui s’étalent dans les décharges ou sur le bord des routes ? Un matériau à valoriser en urgence !

Source
unisa.edu.au

Méline Kleczinski

Jeune rédactrice de 20 ans, j'aime parler d'actualités, d'environnement et de ce qui se rapporte aux sciences et à la psychologie. Je suis passionnée par les animaux en général et par tout ce qui touche à leur bien-être.

3 commentaires

  1. bonjour article tres prometteur la technologie s est elle développée en france et si oui avez vous un contact?

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