Environnement

Réchauffement climatique : planter des arbres massivement ne « sauvera » pas le climat affirment ces scientifiques

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Université d’Oxford, les projets de plantation d’arbres ne doivent pas se limiter à un seul objectif de séquestration du carbone. Il est essentiel de tenir aussi compte de la préservation de la biodiversité ainsi que des services et fonctions de l’écosystème.

Ces dernières années, plusieurs entreprises et particuliers à travers le monde participent vivement à planter des arbres, en vue de compenser les émissions de carbone dues aux activités humaines. Aux États-Unis, un projet de loi vise même à soutenir la plantation de mille milliards d’arbres dans le monde. Cependant, beaucoup de scientifiques partagent aujourd’hui leurs doutes sur l’efficacité de cette méthode pour lutter contre le réchauffement climatique. Ils reprochent surtout la technique de plantation massive d’arbres en monoculture. Récemment, un groupe de recherche de l’Université d’Oxford a notamment présenté une étude qui met en avant les conséquences négatives des projets de reboisement axés sur le captage du carbone. Il estime que la séquestration du CO₂ ne devrait pas nuire à la biodiversité, ni au fonctionnement des écosystèmes ni encore moins aux services écosystémiques. Décryptage.

Un impact limité des plantations d’arbres sur l’environnement

Face à la crise climatique actuelle, les entreprises mondiales visent à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. La séquestration du carbone terrestre fait partie des stratégies les plus répandues pour compenser leurs émissions de gaz à effet de serre. Dans ce contexte, les projets commerciaux de plantation d’arbres dans les zones tropicales sont actuellement en plein essor. La plupart des acteurs privilégient les tropiques recouverts de prairies et de savanes, car ces régions permettent de maximiser le piégeage du carbone, selon cette étude. Les conditions topographiques et climatiques y sont idéales pour la croissance rapide des plantes. D’ailleurs, ces zones ont une biodiversité très riche.

La plantation d'un arbre.
La plantation d’un arbre. Photo d’illustration non contractuelle. Crédit : Shutterstock

Cependant, les programmes de plantation d’arbres ont généralement peu d’impact sur le climat et l’environnement. D’après cette nouvelle étude, des forêts s’étendant sur des terres d’une superficie de 35 millions de kilomètres carrés permettent de stocker une année d’émissions de carbone seulement. Cet espace est équivalent au total des superficies des États-Unis, de la Russie, de la Chine et du Royaume-Uni. Et en recouvrant d’arbres toute la surface des tropiques, seule 1,7 année d’émissions pourrait être séquestrée.

La séquestration du carbone au détriment des autres valeurs des écosystèmes

D’après le rapport de ces scientifiques, les fonctions des écosystèmes sont multiples, mais la société a tendance à les réduire au captage du carbone uniquement. En effet, les forêts, les savanes et les prairies jouent un rôle important pour le bon fonctionnement de notre planète. Au-delà de la séquestration du carbone, ils assurent l’approvisionnement en eau douce, le cycle des nutriments de la nature, la conservation de la biodiversité et des sols, etc. D’ailleurs, ils créent des activités génératrices de revenus pour les populations locales, notamment le tourisme vert.

Parfois, l’on pense que la plantation d’arbres est bénéfique pour la biodiversité et les fonctions écosystèmes. Toutefois, ce n’est pas vraiment la réalité. Dans le cas du boisement des écosystèmes herbeux axés sur la séquestration du carbone par exemple, les autres fonctions sont négligées. De plus, ce type de projet entraîne une hausse de la biomasse ligneuse, source de carbone aérien et menace pour les autres fonctions écosystémiques, dont le fourrage pour le bétail. Ces chercheurs ont également abordé le problème d’homogénéisation des espèces végétales dans les écosystèmes tropicaux. Par exemple, les plantations en monoculture de teck et d’eucalyptus empêchent la croissance d’autres plantes.

La foret amazonienne.
La forêt amazonienne. Photo d’illustration non contractuelle. Crédit : Shutterstock

Les pratiques recommandées par ces scientifiques

Les moyens de piégeage du carbone terrestre sont nombreux. Les chercheurs ont notamment cité le reboisement, la régénération naturelle des forêts, le boisement d’espèces exotiques et l’agroforesterie. D’après eux, l’idéal est de fournir plus d’efforts pour protéger les forêts déjà existantes et de favoriser la restauration forestière naturelle. Il est important d’arrêter de détruire les écosystèmes à l’échelle mondiale et de rétablir à leur état naturel ceux qui sont dégradés ou transformés. Il convient aussi, selon cette équipe de recherche, de restaurer la diversité fonctionnelle. Tout cela pourrait permettre de piéger jusqu’à 9 Gt de CO₂ par an d’ici à 2050. Plus d’informations : Trends in Ecology & Evolution. Que pensez-vous de cet article ? N’hésitez pas à partager votre avis, vos remarques ou nous signaler une erreur dans le texte, cliquez ici pour publier un commentaire .


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Source
huffingtonpost.frcell.com

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