Environnement

Le piégeage du frelon asiatique, « une bonne intention, mais une fausse bonne idée », sauf dans certains cas précis

Selon les spécialistes, le piégeage des frelons asiatiques, notamment des reines, n’est pas la meilleure solution pour lutter contre cette espèce invasive. En effet, ce processus pourrait avoir des impacts négatifs sur les populations d’insectes qui sont aussi capturées dans les pièges.

Le frelon asiatique a grandement fait parler de lui ces dernières années. C’est assez compréhensible vu les dégâts que cet insecte peut causer dans les ruches, mais également à l’homme. Ces deux raisons suffisent à inciter les apiculteurs, les particulier et les municipalités à utiliser tous les moyens possibles pour se débarrasser de cette espèce invasive, notamment en fabriquant des pièges. Certains experts déconseillent cependant le « piégeage maison » de ces insectes, car cela pourrait se répercuter sur les insectes non ciblés ou encore favoriser davantage l’épanouissement de l’espèce en éliminant les compétitions internes entre les reines.

Une bonne intention, mais pas une bonne idée

D’après les experts, pour que les pièges aient un impact direct sur la colonie d’un nid, 70 % des ouvrières ou près de 3 000 individus doivent être piégés lors d’une seule saison. Le problème, c’est qu’il est difficile et presque impossible d’arriver à cet objectif sans causer de dommages collatéraux. Certaines méthodes impliquent aussi le piégeage spécifique des reines. Pour les experts, il s’agit d’une « bonne intention, mais d’une fausse bonne idée ». En effet, chez les frelons asiatiques, il existe une compétition intraspécifique entre les reines. Approximativement 90 % de la mortalité naturelle chez ces dernières est causée par cette compétition. Le piégeage des reines a pour conséquence de diminuer la compétition entre elles quand vient le printemps, et même de permettre à certaines d’entre elles de s’installer plus durablement.

Piège spécial frelons asiatiques
Piège spécial frelons asiatiques. Photo d’illustration non contractuelle. Crédit photo : Shutterstock

Les impacts du piégeage sur les autres insectes

Selon un consensus scientifique tiré à partir des études effectuées par l’INRA, le CNRS et le Musée National d’Histoire Naturelle, il n’existe pas de piège 100 % sélectif. Par conséquent, les experts déconseillent le recours aux pièges, même ceux dédiés uniquement au frelon asiatique. Les résultats du piégeage utilisant ce systèmme ont montré que jusqu’à 99 % des insectes capturés n’appartenaient pas à l’espèce visée. Les études expliquent que même si un insecte non ciblé arrivait à s’échapper du piège, sa reproduction et sa survie seront sûrement compromises à cause du manque de nourriture.

« Le piégeage du frelon asiatique telle que vous le décrivez dans votre article du 08112022 est une catastrophe. Les pièges bricolés de la sorte ne sont absolument pas sélectifs et éliminent 100 fois plus d’insectes pollinisateurs que de frelons asiatiques. En plus, les population de frelon sont telles que le piégeage ne peut pas être un outil de lutte efficace. Toutes les études scientifiques le prouvent. Voir site du MNHN. Il ne peut que servir à protéger les ruchers attaqués.  Et encore, avec des modèles de pièges bien spécifiques connus des apiculteurs. Arrêtez de diffuser ces informations au quidam qui en croyant bien faire, fait plus de dégâts qu’autres choses sur la biodiversité. » nous explique David Philippart, Directeur Fredon Normandie.

Des pièges seulement à côté des ruchers

Selon cette étude, les pièges peuvent être installés, mais uniquement à proximité des ruchers et seulement en cas de force majeure. Il s’agit d’une précaution pour éviter que d’autres types d’insectes ne se retrouvent également piégés. L’appât à utiliser devrait changer en fonction de la saison, car le régime alimentaire des femelles fondatrices est différent au printemps et en automne. Ces femelles se nourrissent plus de sucre au printemps pour se remettre de l’hibernation tandis qu’en automne, elles ont plus besoin de protéine pour nourrir les larves et pour faire des réserves.

Le secret de la recette, du sirop de grenadine et du vin blanc.
Le secret de la recette, du sirop de grenadine et du vin blanc. Photo d’illustration non contractuelle. Crédit photo : Shutterstock

Ainsi, au printemps, c’est-à-dire de mars à mai, l’appât devrait être constitué de bière brune, de sirop de cassis, de grenadine ou d’autres fruits rouges et d’une goutte de vin pour repousser les abeilles butineuses. En automne, d’octobre à février, l’appât devrait être composé de viande hachée ou de carapaces de crevettes avec un fond d’eau pour éviter un dessèchement rapide. Dans tous les cas, les experts ont indiqué que pour lutter efficacement contre les frelons asiatiques, la destruction des nids est essentielle, et ce, le plus tôt possible durant la saison.


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Source
allo-frelons.fr

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