Le puits aérien, un capteur atmosphérique et une méthode ancestrale pour produire de l’eau potable

Inspiré par des pratiques ancestrales d’Afrique du Nord et de Perse, Achille Knapen a modernisé les puits aériens dans les années 1930. Cette technique ingénieuse permet aujourd'hui de fournir de l'eau potable dans les zones les plus sèches du globe.

L’utilisation de puits aérien, ou « Air Wells », pour produire de l’eau potable à partir de l’humidité ambiante n’est pas nouvelle. L’un des précurseurs de cette technique de puits en forme de ruche, s’appelle Achille Knapen, ingénieur français, qui dans les années 1930 a perfectionné cette idée. Cette invention lui a été inspirée d’anciennes pratiques utilisées en Afrique du Nord et en Perse, où des structures similaires étaient utilisées pour collecter l’humidité, la nuit. C’est désormais une manière de produire de l’eau potable lorsque celle-ci n’est pas disponible. L’inventeur a lui, conçu une version moderne qui permet d’optimiser au maximum la condensation de l’eau. Cette version dispose d’un système de ventilation, et d’un système de refroidissement que vous allez pouvoir reproduire en suivant mes quelques conseils, je l’espère, avisés.

Comment fonctionne un puits aérien ?

Pour une fois, le fonctionnement de ce puits aérien, est très simple à comprendre. La nuit, l’air frais et humide, entre dans le puits, par le tuyau situé au sommet de celui-ci. L’air est ensuite refroidi lorsqu’il passe à travers le noyau en béton, lui-même déjà refroidi par les températures nocturnes. Plus l’air refroidit, plus il se condense, se transformant ainsi en « eau liquide ». Et, à l’inverse, la journée, l’air chaud pénètre par les autres entrées d’air puis est comme bloqué par la froideur du béton, se condensant à son tour, et produisant de l’eau en continu. L’eau est ensuite stockée dans un réservoir, elle peut, sans traitement, être utilisée pour l’irrigation des cultures, ou après filtration, pour la consommation humaine ou animale.

Puits aérien de l'ingénieur belge Achile Knappen à Trans-en-Provence, Var
Puits aérien de l’ingénieur belge Achile Knappen à Trans-en-Provence, Var. Crédit photo : Mairie de Trans en Provence, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons

Des matériaux simples et peu coûteux

Voici la liste des matériaux indispensables à la construction de votre puits aérien :

  • Béton de haute qualité qui servira à la construction de la structure principale et du noyau
  • Des tuyaux en métal ou PVC qui seront les entrées d’air froid et d’air chaud
  • Des grilles métalliques nécessaires à une parfaite ventilation
  • Un matériau isolant pour éviter les transferts de chaleur vers noyau
  • Un réservoir d’eau, conçu dans un matériau résistant à la corrosion, une évidence puisqu’il sera en contact avec de l’eau

Comment construire votre propre puits aérien ?

Pour commencer, vous devrez construire une base en béton solide ainsi qu’un noyau central destiné à servir de zone de refroidissement principale. Ensuite, la structure externe doit être érigée en forme de ruche, ce qui garantit un espace entre la couche externe et interne pour permettre la circulation de l’air. Par la suite, des tuyaux doivent être installés en haut et en bas de la structure afin de permettre l’entrée de l’air froid et chaud respectivement. Enfin, un réservoir est placé à la base de la structure pour recueillir l’eau condensée.

Le fonctionnement d'un puits aérien
Le fonctionnement d’un puits aérien. Crédit photo : DR

De nombreux domaines d’application

Le puits aérien a de multiples applications, particulièrement dans les régions arides où l’eau est rare. Par exemple, il peut fournir de l’eau pour l’irrigation agricole, une nécessité pour certaines régions du monde. Le taux d’humidité y est très fort, mais il est encore très peu exploité.  De plus, dans les communautés éloignées, le puits aérien peut constituer une source fiable d’eau potable, assurant ainsi l’approvisionnement en eau des populations locales. Pour l’élevage, il offre également une solution pour abreuver le bétail dans les régions sèches. Que pensez-vous de cette technique simple pour « fabriquer » de l’eau potable ? Nous serions ravis de lire vos impressions ou de connaître votre expérience à ce sujet. Et, si vous constatez une erreur dans cet article, n’hésitez pas à nous l’indiquer. Vous pouvez cliquer ici pour publier un commentaire .

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Méline Kleczinski

Jeune rédactrice de 23 ans, j'écris depuis trois ans, avec une préférence pour les domaines liés à l'actualité, à la psychologie, aux études scientifiques, ou à la protection et l'environnement dans son ensemble. Mon petit parcours de rédactrice junior s'inspire de différentes études scientifiques, ou de sujets d'actualité abordés dans différents médias que je suis avec intérêt. Particulièrement touchée par la protection des animaux, j'aime vous transmettre les avancées et les lois relatives au bien-être animal. Personnellement engagée comme présidente d'une association, je mets un point d'honneur à protéger les animaux de toute nature (hérisson, abeilles, insectes, chiens ou chats)... Je n'ai probablement pas l'expérience professionnelle de certains rédacteurs en matière de politique, de principes scientifiques. Mais, je tente d'apporter ma petite pierre à l'édifice en vous racontant mes expériences et mes réflexions dans des domaines qui me touchent. Et, puisque la vie est une surprise chaque jour, je considère chaque jour comme une opportunité d'apprentissage et d'évolution. C'est la raison pour laquelle, à 23 ans, j'ai encore besoin d'apprendre des milliers de choses, et de me cultiver pour vous conter encore plus d'histoires passionnantes. Rejoignez-moi dans cette aventure de découverte et de réflexion, où la curiosité et le souci du bien-être animal se rejoignent pour inspirer des discussions et des actions porteuses de sens... Ma passion pour les animaux en général a toujours été au cœur de mes préoccupations. Soucieuse de leur bien-être et de leur place dans notre monde, je m'efforce de sensibiliser mon audience à leur protection, à travers des articles informatifs et engagés. Qu'il s'agisse de sujets comme la conservation des espèces, les droits des animaux ou simplement des anecdotes touchantes, je trouve une grande satisfaction à partager mes connaissances et mes réflexions pour encourager une prise de conscience collective. En tant que jeune professionnelle, je considère chaque jour comme une opportunité d'apprentissage et d'évolution. Je m'efforce de rester à l'affût des dernières découvertes scientifiques, des débats sociétaux émergents et des avancées technologiques, afin d'enrichir mon travail et d'offrir à mes lecteurs un contenu pertinent et stimulant. N'hésitez pas à me rejoindre dans cette aventure de découverte et de réflexion, où la curiosité et le souci du bien-être animal se rejoignent pour inspirer des discussions et des actions porteuses de sens..

8 commentaires

  1. Puisque ça a déjà marché…pourquoi pas?
    Tout dependra de la quantité d’eau produite eu egard a la masse de l emprise au sol du puits…et de la hauteur maximum possible.
    Apparemment la maintenance ne serait pas onereuse, et comme on dit: pourquoi chercher ailleurs ce que nous avons sous la main.

  2. Bonjour,
    Une simple remarque quant à l’explication du début (Plus l’air refroidit, plus il se condense, se transformant ainsi en « eau liquide ». ) ; l’air ne se transforme pas en eau… C’est la vapeur d’eau contenue dans l’air qui se condense.
    Cdt

  3. Primo ce n’est pas l’air qui se condense mais la vapeur d’eau. Et l’eau déminéralisée n’est pas potable il me semble ???

  4. Ce système était déjà utilisé par les romains dans le désert. Peu importe la quantité d’eau produite c’est toujours ça de gagné et pour le problème de place il me semble qu’à l’heure où on ne se pose pas trop de questions sur l’espace monopolisé par les éoliennes, les panneaux solaires et les centrales (production d’électricité) on peut en consacrer aussi à la production d’une eau « gratuite » puisque sans apport d’énergie extérieure et de production très localisée donc pas de problème de transport. Pour ce qui est delà potabilité de cette eau il est facile de l’oxygéner en la brassant et d’y apporter les quelques sels minéraux nécessaires, ce n’est pas pire que l’eau en bouteilles.

  5. Ce qui n’a pas été dis, c’est que ça ne fonctionne pas, ou plutôt n’est pas rentable en termes de production.

    Ici, le puits aérien du Var produits l’équivalent d’un à deux sceau d’eau par an
    Et les autres puis qui on été créé sur le globe ne produise pas beaucoup plus

    Ces informations sont écrite sur le panneau à l’entrée du puits, elle ne sont donc pas sans fondement

  6. La vérité est que ce puits aérien est inspiré de découverte de la ville de Theodosia en Crimée où des monticules similaires ont été trouvés à proximité d’aqueduc. Une déduction rapide a été que les aqueduc étaient alimenté par ces constructions. Deux expéditions plus récentes ont démontré qu’il n’en était rien les aqueducs sont alimentés par des sources distinctes et les dômes sont en fait des édifices tombeaux.
    Mais quand Knapen a lancé ces essais dands le Var il n’en savait rien et aujourd’hui on sait que ces constructions produisent par condensation un maximum de 0.5 litre d’eau par jour. On comprendra aisément que cela est juste un effet collatéral de la construction et non sa destination.

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