Innovation

Déclin démographique : un biotechnologue invente une « usine à bébé » pour faire naître 30 000 enfants par an

Dans 10 ou 15 ans, les bébés pourraient naître à partir d'utérus artificiels et, ainsi, offrir la possibilité aux couples infertiles de devenir parents sans avoir recours à la FIV ni à une mère porteuse.

Les problèmes d’infertilité sont de plus en plus fréquents dans le monde, les scientifiques parlent même de « crise mondiale de l’infertilité » tant les chiffres sont alarmants. En France, par exemple, et selon les données de l’Enquête nationale périnatale (ENP) et de l’Observatoire épidémiologique de la fertilité en France (Obseff), 15 à 25 % des couples sont concernés. Les couples rencontrant ces problèmes recourent à la fécondation in vitro ou, lorsque la loi du pays l’autorise, à des mères porteuses pour concevoir un enfant. Mais une autre solution pourrait être envisagée dans un avenir proche : l’utérus artificiel. C’est un procédé proposé en 2017 déjà sous le nom de Biobag et il avait été utilisé pour faire naître un petit agneau. Inspiré par les inventeurs du Biobag, Hashem Al-Ghaili vient de dévoiler l’EctoLife, un concept d’utérus artificiel pour humains. Découverte.

EctoLife c’est quoi ?

Dans une interview publiée dans la revue Science and Stuff, Hashem Al-Ghaili, biotechnologue, explique que l’EctoLife pourrait permettre à 30 000 bébés de naître chaque année. Selon lui, la question de l’utilisation d’un utérus artificiel se trouve bloquée par des questions plus éthiques que scientifiques, car le procédé d’utérus artificiel existe déjà, mais se heurte aux consciences. Cependant, il affirme que la société évolue et que l’utérus artificiel pourrait même remplacer les naissances traditionnelles pour les femmes inquiètes des complications d’une grossesse par exemple. Il pourrait surtout être une solution pour les couples infertiles ou en attente d’adoption, une procédure qui peut parfois durer des années.

Répondre aux besoins des parents « fatigués d'attendre une réponse d'une agence d'adoption »
Répondre aux besoins des parents « fatigués d’attendre une réponse d’une agence d’adoption » Crédit photo : Hashem Al-Ghaili

L’infertilité en constante augmentation

L’OMS estime que 15 % des couples en âge de procréer dans le monde sont touchés par l’infertilité. Dans un même temps, les taux de fécondité ont chuté de 50 % en 70 ans. L’OMS explique cette impressionnante baisse par divers facteurs : travail et éducation des femmes, coût élevé de l’éducation d’un enfant, mais également une baisse du nombre de spermatozoïdes chez les hommes. Lorsqu’Hashem Al-Ghaili a imaginé l’EctoLife, il a donc pensé à fabriquer un utérus synthétique afin de rendre la procréation plus simple, plus sécurisée et aussi moins chère que certaines techniques de procréation assistée. Par ailleurs, il explique que le développement d’un fœtus dans un utérus artificiel évite les chocs émotionnels des deux parties comme dans le cas du choix d’une mère porteuse.

Comment fonctionnerait l’EctoLife ?

L’inventeur de cet utérus artificiel explique que son invention permettrait de « se développer à terme sans aucun obstacle biologique ». Et qu’il serait une solution pour les couples infertiles, mais également pour les femmes ayant dû subir l’ablation de l’utérus suite à un cancer, ou celles qui sont porteuses de virus transmissibles in utéro, etc. Concrètement, l’utérus artificiel éradiquerait les fausses couches fréquentes chez les femmes qui choisissent la procréation médicale assistée. En 2017, le Biobag avait permis de faire grandir huit fœtus d’agneau pendant 120 jours, puis des embryons de souris. Pour l’inventeur, les embryons humains sont la prochaine étape des utérus artificiels, même si les premiers tests ne devraient pas être réalisés avant 10 ou 15 ans selon l’inventeur.

EctoLife pourrait un jour supplanter la naissance traditionnelle.
EctoLife pourrait un jour supplanter la naissance traditionnelle. Crédit photo : Hashem Al-Ghaili

Concrètement, pour qu’un fœtus humain se développe dans un utérus artificiel, il faudra d’abord féconder les ovules et le sperme in vitro puis sélectionner les embryons viables génétiquement supérieurs. Les embryons sélectionnés seront ensuite insérés dans l’EctoLife pour s’y développer pendant 9 mois ou moins. En effet, il pense aussi pouvoir réduire le temps de gestation, comme ce fut le cas avec les embryons de souris (11 jours seulement). L’EctoLife permettrait également de détecter les maladies congénitales sur les embryons, soit d’éviter leur développement. Il explique aussi que les parents pourraient génétiquement modifier l’embryon, mais ceci est (encore) un autre débat !


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Source
Scienceandstuff.com

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