Innovation

Madame Colette invente la « ceinture bouillotte » pour lutter contre les règles douloureuses et l’endométriose

Une femme sur dix souffre le martyr pendant son cycle menstruel. Pour soulager ces femmes, un couple de Toulousains invente une ceinture bouillotte en coton et graines de lin.

L’endométriose est une maladie qui affecte les femmes en âge de procréer. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’endométriose touche environ 176 millions de femmes dans le monde. Cela représente approximativement 10 % des femmes en âge de procréer. Un chiffre qui pourrait être sous-estimé, car de nombreuses femmes atteintes d’endométriose ne sont pas diagnostiquées ou ne signalent pas leurs symptômes. Cette maladie provoque de violentes douleurs et handicapent les femmes atteintes, les empêchant parfois de travailler. Carrefour vient d’ailleurs d’octroyer 12 jours de congés par an, aux femmes atteintes d’endométriose. À Toulouse, la jeune start-up Madame Colette invente une ceinture chauffante pour lutter contre les douleurs liées à cette maladie. Découverte.

L’endométriose, qu’est-ce que c’est exactement ?

L’endométriose est une maladie chronique dans laquelle les tissus semblables à la muqueuse utérine, appelés endomètre, se développent à l’extérieur de l’utérus, dans d’autres parties du corps. Cette croissance anormale de tissu peut se produire dans les ovaires, les trompes de Fallope, le péritoine (la membrane qui tapisse la cavité abdominale), le rectum, la vessie ou d’autres organes pelviens. Les tissus qui se développent en dehors de l’utérus se comportent comme l’endomètre normal, en se développant et en saignant au cours du cycle menstruel. Cependant, contrairement à l’endomètre normal, ce tissu ne dispose pas de moyen de sortir du corps, ce qui peut entraîner des douleurs, des saignements et des lésions dans les organes environnants. Cette maladie invalidante est diagnostiquée par un examen physique, une échographie, une IRM ou une laparoscopie. Ensuite, elle peut être traitée via des médicaments, une chirurgie ou une combinaison des deux.

L'invention d'une ceinture bouillotte pour soulager les règles douloureuses.
L’invention d’une ceinture bouillotte pour soulager les règles douloureuses. Crédit photo : Madame Colette

L’invention de Madame Colette

En France, une femme sur dix souffre de cette maladie. Leïla Royer, la cofondatrice de Madame Colette, en est atteinte, diagnostiquée il y a quatre ans. La jeune femme souffre de très fortes douleurs dans le bas ventre et dans les lombaires. Des douleurs qu’elle peine à calmer, mis à part avec une bouillotte qu’elle emporte avec elle, au travail, les jours où elle souffre le martyr. Leïla travaille dans une grande entreprise aéronautique, un milieu plutôt masculin, où l’endométriose n’est pas réellement connue, ni bien perçue. Ses absences étaient alors plutôt mal vues par ses collègues. La jeune femme est aussi blogueuse et parle de sa maladie avec ses abonnés et s’aperçoit que beaucoup utilisent des bouillottes, mais qu’elles sont loin d’être pratiques à utiliser. Pour soulager la douleur, certaines femmes s’entourent le corps de 6 ou 7 bouillottes, en position allongée. C’est alors que lui vient l’idée d’inventer une bouillotte à 360°. En 2022, avec son mari Réal, elle se lance dans l’aventure et crée la start-up Madame Colette et donne vie à la ceinture bouillotte Wendy.

La ceinture Wendy, qu’est-ce que c’est ?

Après plusieurs mois de tests et d’essais, avec de l’eau ou du gel, ils ont finalement choisi une matière naturelle : les graines de lin. La ceinture se compose donc de six pochettes remplies de graines de lin non alimentaires. Les coussins, eux, sont confectionnés en coton, qui a aussi des effets antalgiques. La ceinture se porte autour de la taille, sous un pantalon large ou une robe, et se trouve quasiment invisible. Une cinquante de femmes a déjà testé la bouillotte Wendy et leurs retours sont très encourageants. « J’avais une bouillotte avec du gel, mais souvent ça brûle et ce n’était pas du tout adapté pour la positionner dans le dos et soulager mes douleurs aux lombaires. Là, j’ai pu l’emmener au travail et chauffer les bouillottes au micro-ondes. Ça m’a apaisée », raconte Julie, l’une des utilisatrices au journal 20 Minutes.

Une invention française et écoresponsable !

Les deux fondateurs de Madame Colette ont imaginé un système de velcro afin que la ceinture s’adapte à toutes les morphologies. Le tissu est fabriqué à partir de bouteilles en plastique recyclé, et les graines de lin viennent du nord de la France. Le remplissage, quant à lui, est réalisé par un ESAT ainsi que deux ateliers de travail en centre pénitentiaire, pour aider à la réinsertion. Alors qu’une bouillotte seule peut coûter plus de 20 € et qu’il en faut parfois plusieurs pour soulager les douleurs, Leïla et Réal ont décidé de commercialiser la ceinture Wendy au prix de 59 €. La bouillotte est évidemment réutilisable et lavable jusqu’à 10 000 cycles en machine. Retrouvez toutes les informations sur cette invention sur Madame Colette.


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Source
20minutes.fr

Nathalie Kleczinski

Passionnée de lecture et d'écriture, il était presque logique que je me tourne vers le métier de rédactrice/journaliste professionnelle. Écrire est une passion, un besoin et une manière de communiquer indispensables. Touche-à-tout de l'écriture, j'aime surtout écrire sur des sujets liés à l'environnement, mais aussi à ceux qui prodiguent des conseils, ou des astuces pour vous aider dans votre quotidien. Je suis une adepte des tests en tous genres, surtout s’ils permettent de créer, de faire des économies, ou d’utiliser des produits recycler ! Je voue également une véritable passion aux animaux et suis très sensible à leur bien-être et aux inventions qui peuvent améliorer leurs quotidiens. En revanche, je peux vite devenir cassante lorsqu’il s’agit de parler de maltraitance. Enfin, j’aime découvrir et faire découvrir de nouvelles inventions, de petites choses qui amélioreront notre quotidien, ou celui des personnes en situation de handicap, autre cause qui me tient à cœur. Bénévole dans une association liée à l’aide aux victimes d’accidents de la route, vous comprendrez aisément que cette cause me touche aussi et que j’estime primordial de mettre en avant tout ce qui peut améliorer cette sécurité routière et empêcher un décès supplémentaire sur la route. Ma devise : Carpe Diem, car la vie est courte, et qu'il faut transformer chaque instant en tranches de bonheur !

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