Société

Refroidir la Terre de manière artificielle ? L’Unesco alerte et dévoile un rapport sur l’éthique de l’ingénierie climatique

Un jour avant le début de la COP28 qui se déroule du 30 novembre au 12 décembre 2023 à Dubaï, l’Unesco publie son rapport sur l’éthique de l’ingénierie climatique. Elle prévient les pays sur les risques liés à l’utilisation des technologies de manipulation et de modification du climat.

Le dérèglement climatique figure parmi les urgences mondiales aujourd’hui. Ce phénomène provoque des aléas dans plusieurs régions du monde (canicules, sécheresse, inondations…). Face à cette situation, les humains s’efforcent de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à leurs activités. Mais cela ne suffit pas pour atteindre la neutralité de carbone et préserver notre planète. Afin de combler les lacunes, des scientifiques travaillent aujourd’hui au développement des technologies de décarbonation basées sur l’ingénierie climatique, appelée aussi « géo-ingénierie ». Selon la COMEST de l’Unesco, cette approche d’ingénierie climatique présente à la fois des opportunités et des risques éthiques à ne pas négliger. Dans son premier rapport sur l’éthique du climat, cette Commission délivre une réflexion globale sur ce concept, ainsi que des recommandations quant à son éventuelle utilisation. Elle incite les États participant à la COP28 à tenir compte de ce sujet délicat dans leurs discussions intergouvernementales. Explications.

Les solutions d’ingénierie climatique existantes

Cette approche de géo-ingénierie regroupe deux grandes catégories de techniques de décarbonation, à savoir l’élimination du CO₂ et la modification du rayonnement solaire. La première méthode vise à extraire le dioxyde de carbone contenu dans l’atmosphère. Pour cela, on peut notamment déployer des systèmes industriels de captage et de stockage de CO₂ ou de planter des arbres qui absorbent naturellement ce gaz à effet de serre. La seconde méthode consiste, en revanche, à réfléchir la lumière du soleil, en procédant à l’injection stratosphérique d’aérosols ou en appliquant des peintures réfléchissantes aux toits des bâtiments, par exemple.

Les chercheurs songent sérieusement à refroidir la Terre de manière artificielle, mais est-ce une bonne idée ?
Illustration de l’influence du dioxyde de soufre émis par l’activité volcanique : destruction de la couche d’ozone et de l’effet de refroidissement par rayonnement solaire

Les risques éthiques que ces technologies présentent

Selon le rapport de la COMEST, l’ingénierie climatique pourrait entraver la réalisation des politiques climatiques déjà mises en place. Elle pourrait ralentir les projets de réduction des émissions de dioxyde de carbone en freinant leur financement. D’ailleurs, la présence des technologies de géo-ingénierie pourrait inciter les particuliers et les entreprises à réduire leurs efforts pour s’adapter au changement climatique. Outre cela, les coûts de développement et de déploiement de ces technologies sont relativement élevés. Ce qui risque de renforcer les inégalités dans le monde. En effet, les pays développés n’auraient pas de difficultés à adopter ces procédés, contrairement aux pays en développement qui subiraient ainsi les conséquences. Par ailleurs, certains pays pourraient utiliser ces dispositifs dans des applications militaires ou géopolitiques.

Selon ce rapport, les scientifiques affirment également que leurs connaissances autour de ces technologies d’ingénierie climatique ne sont pas encore complètes. C’est pourquoi il reste incertain que ces dispositifs contribueraient grandement à la lutte contre le changement climatique. De plus, leurs éventuels impacts sur le climat, les humains et la biodiversité ne sont pas complètement étudiés. Par ailleurs, si nous prévoyons de dépendre de cette approche, il faudrait réfléchir à quand et comment se libérer progressivement de ces technologies dans le futur, ainsi qu’aux conséquences de leur suppression. L’Unesco estime que, dans tous les programmes de recherche sur l’ingénierie climatique, les incertitudes relatives aux actions sur le climat devraient être mieux analysées et résolues.

Libérer des produits chimiques dans l’atmosphère pour refroidir la terre.
Libérer des produits chimiques dans l’atmosphère pour refroidir la terre. Photo d’illustration non contractuelle. Crédit photo : NeozOne (générée par une IA)

Les recommandations de la COMEST de l’Unesco

Dans le rapport de cette Commission, plusieurs recommandations ont été fournies afin d’optimiser les recherches sur ces technologies et leur gouvernance. L’Unesco suggère à chaque pays d’élaborer une législation régissant ces nouvelles formes d’actions sur le climat. Elle propose d’encadrer les travaux de recherche par des normes éthiques claires et conformes au droit international. Selon elle, si un pays décide d’adopter une technique de géo-ingénierie, il devra considérer l’impact transfrontalier de ses futurs projets.

En matière de gouvernance, dans le cadre de déploiement à l’échelle mondiale de ces technologies, une collaboration ouverte et responsable entre les différents pays serait cruciale. Il convient d’ailleurs d’instaurer un système de suivi et de contrôle permanent. Enfin, la COMEST propose de prendre en compte et d’impliquer les communautés les moins favorisées et les plus touchées par la crise climatique dans les procédures d’ingénierie climatique. Plus d’informations : Unesco


Abonnez-vous à NeozOne sur Google News ou sur WhatsApp pour ne manquer aucune invention et innovation !
Source
unesco

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Bouton retour en haut de la page